mercredi 25 novembre 2015

Miroir


Trente huitième parution.
"Miroir"
# 38, novembre 2015, Le Havre, France.

Dessin et Photos: C.L.M
En guise d'éditorial, E.A
Réalisation: C.L.M & E.A

 Dans ce numéro: Dessin & Photos: C.L.M/En guise d'éditorial, E.A (extrait  d'Entrelacs). Miroir, miroir, mon bon miroir par E.A.


©Photo: C.L.M
                   En guise d'éditorial...

          

              "En hiver, l'amour ressemble à un fruit sec; du moins,  il le devient, parce qu'entre amoureux, nous nous efforçons de nous enlacer pour panser les brûlures du froid. En été, il s'apparente à une amande violemment rouée de coups de pierre, tant que l'on convoite son cœur. Et en automne, l'amour se laisse aller comme une feuille qui tombe, reproduisant ainsi cette ondulation incertaine avant de toucher le sol. Je ne sais pas comment est l'amour au printemps; il doit couver...".

                     Extrait: D'Entrelacs, par E.A.


               


 ***

                                                      
Miroir, miroir, mon bon miroir, dis moi qui poursuis-je?


Miroir, miroir
mon beau miroir
mon bon miroir
dis-moi, qui poursuis-je?

Je te vois
tu me regardes
je te parle, rien n'est dit
rien est fait
m'entends-tu seulement
le temps de notre confession à la gloire
de Narcisse?
ce déchu de dernière heure
noyé en  beauté...

si seulement tu pouvais voir en moi
tous ces éclats de lumière tumulte placé sous silence
éclats d'ombres projetés par la fureur des déboires

d'Aphrodite...




©Dessin et Photo: C.L.M
parle-moi
âme silencieuse
gede nibo ensorceleuse de soul
ouvre-moi la porte
de ton grand palais sans cyclopes
afin que je puisse y déposer mes graines de rosier

tes courbes me parlent dans leur langue étrangement
mienne...
dans la langue des femmes mystérieuses
rieuses des hauts rochers...

 


Parle-moi
comme cette petite pierre que je suis
pris dans ta houle
fille du port
fille des grands horizons
femme de tous les miracles
parle-moi
je t'en prie
dis-moi quelque chose...

dis-moi au moins 

que tu as bien reçu ma dernière pierre...

© E.A (pour ruedesrumeurs...miroir, miroir, mon bon miroir, qui poursuis-je/extrait d'Entrelacs)


  ***





 © Tous droits réservés, ruedesrumeurs, C.LM & Ewa/novembre 2015.


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lundi 16 novembre 2015

COUP DE GUEULE

Trente septième parution.
"Coup de gueule"
# 37, novembre 2015, Le Havre, France.

Photos: C.L.M
Éditorial: Coup de gueule, E.A
Réalisation: C.L.M & E.A



Dans ce numéro: Photo: C.L.M/Éditorial: Coup de gueule, de E.A & "Africa", extrait  du chapitre cinquième-Coup de gueule- du manuscrit: Excès, de E.A.


©Photo: C.L.M
 Editorial

"Coup de gueule..."

Nul besoin de violence ou de colère pour pousser un coup de gueule. C'est dans le silence et le calme que se passent les plus grandes explosions en nous. Le monde nous accable de souffrances muettes, nuancées d'onomatopées à acoustique variable. 


Les acouphènes embrasent nos intérieurs et nous condamnent au silence; Les larmes submergent nos entrailles...Elles nous étouffent, elles nous sidèrent, mais nous n'arrivons pas à pleurer...car, nous refusons de mouiller nos yeux avec des larmes de crocodile...nous refusons de vénérer, d'aimer les bourreaux qu'on nous force à aimer...

Paix à notre âme, dès aujourd'hui; et pourquoi ça? Parce que c'est ainsi pour celles et ceux qui, comme nous, refusent de suivre la foule des dieux machiavéliques du grand nord...


Voilà le monde dans lequel nous vivons. 


Le monde dans lequel nous tentons de vivre marche la tête en bas, donc sur la tête...Et, malgré tout, nous avançons afin de ne pas froisser la vie; juste pour garder un certain équilibre, la tête en l'air....Ce n'est nullement le ciel qui nous intéresse; mais nous essayons de comprendre le vide qui nous éloigne de lui...Est-ce cela marcher? Est-ce ainsi que l'on doit avancer? Est-ce que ça marche? Nul ne saurait le dire. 


Mais, nous devons continuer notre progression, même si certaines fois nous marchons sans même avoir l'impression de bouger, sans même savoir où mettre les pieds, sans même comprendre ne serait-ce un brin de ce pèlerinage forcé. Il nous est impossible de bien considérer la chose; car le monde dans lequel nous tentons de progresser se cache les yeux.



 ***

Africa… 

Africa, dans mon cœur tu gémis...Jeune fille nue violée et meurtrie, une jeunesse cassée à coup de marteau aveugle hélant de toutes ses forces d’une voix sans échos...Ebola va-t’en loin de mon cœur, ce chemin de terre... Ce moineau qui cherche un arbre pour s’asseoir dans le désert; là où le vent ne souffle pas…là où le vent ne respire que des miettes. 

Les hommes qui t’ont porté en tant que fanion n’ont pas de sang sur leurs mains. Ils les ont lavés dans le Nil transformé en musée à Paris, à New York, à Londres et toutes ces villes lumières…

Ebola, tu n’écriras pas à l’encre de mon cœur ta devise funeste qui me considère autant qu’un chien que le destin accroche sur une croix du Chrisme dans le mépris; ma ville circule de la cordillère des Andes, de la mer des Caraïbes jusqu’à Tambouctou; mon cœur est fait de marbre sculpté par des Maures écartés des cérémonials. 

Ma virginité désœuvrée est un cordonnier ambulant, un « panseur » de souliers troués, escamotés et blessés; un aveugle au sixième sens aigu, au silence gueulard. J’ouvre ma voix comme on fait d’un paquet cadeau orné de bulles increvables; j’ouvre mon cœur pour m’adresser aux enfants précoces que nous sommes, ceux qui récoltent leurs visages plantés au sol dans la terre comme un Mapou* respirant le vodou dans les bras du soleil levant…

 Africa Ayibobo pour Dessa*. 

Par acquit de conscience je préfère continuer de douter de mes facultés à bien penser, repenser ou simplement envisager le monde; et tous les jours de ma vie, les mêmes questions me reviennent. En observant le ciel, dans l’allégresse fébrile des étoiles qui s’éteignent, chutent et s’allument par à-coup, avant de venir reprendre des forces dans nos échappements en rêve-pure folie que l’on n’offre qu’à la nuit- j’épouse alors l’apparence d’une amphibole; je m’éloigne des allumettes. Et dans cette dynamique, j’ai trouvé bon de changer de place les étoiles de la grande ourse dessinant, dans mon ciel à moi, l’ombre de Zente.

J’ai fait cela comme je le pouvais pour débuter, et après tant de paradoxes, je ne cesse de croire que le monde n’est qu’un amphithéâtre…

Dans cette fraîcheur automnale, je ressens le souffle d’un pays qui se contracte en moi comme une douleur, transperçant mon âme et mes entrailles, de part en part.  

Mon monde semble malade comme un chien errant, l’avatar fragile d’une île qui passe dans le jour; un escargot sans relief, une fumée translucide...

Je marche dans le jour, quand les étoiles sont couchées, quand les bateaux mettent les voiles et tel un désœuvré, un homme que l’on renvoie du travail après une simple algarade, je me promène…pour me consoler, je continue de rêver, même le jour.  

E.A/ruedesrumeurs



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©Tous droits réservés, C.L.M &E.A, Ruedesrumeurs/Novembre 2015/Le Havre/France

samedi 24 octobre 2015

L'Arbre musicien (du combattant), Par Ernst Alcéus

Parution Spéciale!

"L'Arbre musicien(du combattant)"
Par Ernst Alcéus
Livre publié par Monpetitediteur.

Réalisation: C.L.M & E.A
Le Havre/France

Remerciements à: Élise Donnet, Pascal Cottin, S.B, C.L.M, B. Khamsa & Mon Petit Éditeur.  


Retrouvez dans ce numéro spécial: Photo et texte (Couv, 1ère/ texte 4ème, Mon Petit Éditeur)/Dessin et Photo, C.L.M/Texte, page 9, 11 et 37 -Chapitre 7- E.A(In L'Arbre musicien(du combattant).




©Photo: Monpetitéditeur.com



Extrait 1: quatrième de couverture!


« Je suis assis sous un arbre musicien sur le quai des mots, au ras de la poussière qui ravale le sol, avec dans sa paume : mon ombre et moi l'un contre l'autre, l'un au pied de l'autre. Je suis un petit soldat. Le soleil n'est pas encore réveillé, pas encore... la nuit brille en son absence. J'ai le ciel, ses bottes pleines d'étoiles pour témoins et des montagnes étincelantes comme des pierres précieuses pour voisines ; mais, sur le quai des mots, nous apprenons encore comment faire briller le soleil en son absence et comment mener la nuit à sa jouissance. Il faut juste prendre le temps de dévorer une à une les étoiles ; tête dans les nuages comme dans un rêve... ».


©Dessin et Photo: C.L.M
Suite (page 11)...

A cet instant, une horde de mots court dans tous les sens dans ma tête, dans mon esprit, puis se mettent au galop tel un troupeau de chevaux apeurés, ils partent et reviennent en des picotements têtus et chevauchent le temps en des battements de vague de la mer qui respire en rappel...

*** 

Extrait 2: page 9

Dans le noir, dans la nuit, quand les ombres se révèlent muettes, coincées dans le couloir des angles… là où la lumière se tue, nos râles se côtoient en aveugles 

Dans le bal des miroirs muets qui le veut le saura sans doute Sans aucun doute Qui l’aura voulu le voudra bien 

Et le monde s’en ira lentement Amen si c’est ce que réclame Legba* Sans nul doute il me pardonnera Je suis un de ses fils Et il n’a que mes frères, mes sœurs et moi, mes neveux et nièces, ma mère et ma fille, comme héritage à léguer aux autres Lui qui aimait tant les autres… 

Dans le noir il faut se comporter comme dans la jungle Agripper les branches des ténèbres avant de récolter nos ombres de chimpanzés fatigués dans la nuit… Le monde n’a aucune science sur le monde.

Dans le noir Il faut agir en félin jusqu’à pousser le vent, les arbres et les hommes, le soleil et la lune, le jour comme la nuit, toute la terre entière, hors du silence…

(Hommage à mon grand père décédé en décembre dernier, Papa, je t'aime).

***
Extrait 3: Chapitre 7, page 37


Nos seize ans
 
Démosthène, prends cette tasse, bois un coup, fais quelque chose. 
On ne t’a jamais dit que les plaintes ne guérissent pas les douleurs 
Démosthène, relève la tête, inutile de faire cette tête-là.
La mauvaise mine ne rend pas plus frais le visage.
Démosthène, dépose les armes, déshabille-toi, pose ton oreiller au sol 
Dors un bon coup… 
Et si tu rêves ce soir, tâche d’être celui qui tend la main pour sortir une âme du trou noir de la nuit. 


*** 
Note: Pour vous procurer ce livre, c'est très simple!

"L'Arbre musicien (du combattant)", par Ernst Alcéus.

1- www.monpetitediteur.com/nouveautés/nouvelles/Ernst Alcéus/L'Arbre musicien.
2- En librairie (ex: La Galerne au Havre).
3- FNAC, Apple Store, Amazonkindle, le site Internet d'Immatériel(Librairie/Nouveautés/L'Arbre musicien)...


 Bonne lecture à vous!

©Tous droits Réservés/Monpetitediteur & Ernst Alcéus/Octobre 2015/France.

lundi 12 octobre 2015

POETIQUE



Trente sixième parution.
"Poétique"
# 36, octobre 2015, Le Havre, France.
Photos: C.L.M
Éditorial: E.A
Réalisation: C.L.M & E.A

Dans ce numéro: Photos, C.L.M/Éditorial: "l'envers d'un monde" de E.A et quatre extraits d'"Entrelacs" et "Pile ou face, in Portraits de lune".
 

©Photo: C.L.M



Éditorial

L'envers d'un monde...

Dans le monde de la poésie, il n'existe nul rang chez les poètes. Et la poésie, elle, brûle toujours autant que l'amour d'une femme. Ce n'est ni le poète, ni la poésie qui font la différence...mais, la sensation qu'une telle création sait provoquer chez nous... nuances infinies de brûlures nébuleuses et heureuses confiées à des âmes têtues. 


Je ne suis pas un poète du rien, encore moins  un poète du tout...je navigue sur les côtés, toujours à l'affût de la quintessence de la sensation...Les poètes et leurs poésies damnées s'invitent souvent à la plus haute sphère de l'âme humaine: là où l'amour fredonnant sa douce et tendre mélodie fait la pluie et le beau temps...nostalgie fragile, nostalgie rieuse et regrettable.

Les poètes ne savent pas regretter...tout ce qui les anime ne se résume qu'à cette quête constante de cet autre qui les habite et qui croit pouvoir ramoner le ciel afin de récolter quelque part quelque temps quelque épis de bonheur. 


Durent comme le fer et parlent souvent d'amour les poètes...

" ...tellement de rêves sont nos réalités...nous aspirons à vivre comme nous aspirons à mourir...avant de rentrer têtes-baissées dans nos poèmes hantés. Le ciel ne se chavire pas dans nos têtes; mais, il demeure toujours aussi orgueilleux. Combien de ronds faudrait-il dessiner sur les nuages afin de pousser le monde à voir le monde? Enfin, que faut-il faire pour provoquer cet électrochoc vital capable de faire entendre les battements du chaos qui se planque dans nos entourages..."?

Les poètes rusent souvent la vie de poèmes pour la séduire. Bohème, la poésie...bohème amoureuse de ce promeneur étrange, futé et défiguré, s'entrainant à rire des murs...petit fou furieux. Bohème joyeuse la vie qui se couvre de poésie. Bohème amoureuse d'un poète; gracieuse se révèle la vie de bohème et de poésie.

E.A pour ruedesrumeurs.



©Photo: C.L.M


                                                     ***
 ...trop de cris livrés aux mains de l'espérance, et un ciel qui se pique les veines...aveuglés, les chasseurs de lumière...tourmentés les rêveurs...souffle, sorcier nourricier...souffle tambour déphasé la veille pour déranger l'hymne aiguisé et cérémonieux de la mort qui ricane...à mort la mort! une fois de plus...tous ces hommes qui marchent n'espèrent qu'une chose: qu'elle se montre la vie...

                                                         ***

...du chaos engrossé de force, je ferai une mèche à ma bougie à flamme venimeuse...elle ne brillera que dans le noir et dévoilera mon ombre en plein sommeil...du chaos qui me tourne en rond, je ferai un porte-voix pour tromper la mort...elle ne saura quoi faire d'une âme qui la désire mais qui refuse de se soumettre...le ciel est trop grand pour le monde et le monde trop pauvre pour s'offrir le ciel...la chance se camoufle dans la nature sous toutes les formes...

(deux extraits d'Entrelacs, E.A)
 

                                                   ***
Affaire personnelle

du feu qui coule du bout de tes seins
et de la chaleur qui encombre tes pores
j'en fais mon affaire

avec les éclats de ton souffle
j'allumerai un feu de camp en plein jour,
j'en fais la promesse!

je ne rêve pas
ne rêves pas
laisse-moi boire ton corps
tel un ruisseau assoiffé accoure à la rivière

du feu qui coule du bout de tes seins
et l'abandon de ton corps ce soldat désabusé
j'en fais une affaire personnelle. 


                                                  ***


J'ai rêvé de toi

j'ai rêvé de nous hier soir
nous étions dans un mauvais jour
il pleuvait dehors ainsi que dans nos pores
et nous nous amusions à nous enlacer
avant l'arrivée du feu de chair

j'ai rêvé de toi hier soir
j'avais ma bouche amarrée
quelque part entre tes seins et tes hanches
j'avais ta peau dans les yeux
et nos mains mimaient une contredanse débridée

as-tu rêvé de moi hier soir?
avais-je ta peau dans mes yeux?
ai-je eu mes lèvres au creux de tes seins?
nos mains, étaient-elles aussi heureuses
comme au moment de nos étreintes sans borne?
 

j'ai rêvé de toi hier soir 
j'ai rêvé que tu rêvais de nous. 

(deux extraits de "Pile ou face, in portraits de lune, E.A).






© Tous droits réservés, ruedesrumeurs, C.L.M & E.A/ Le Havre, France, octobre 2015.

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samedi 19 septembre 2015

POUR UN REN DU TOUT...


Trente cinquième parution
"Pour un rien du tout"...
# 35, septembre 2015, Le Havre, France.
Dessin et photo: C.L.M
Editorial: C.L.M & E.A
Entrelacs: E.A
Réalisation: C.L.M & E.A



En guise d'éditorial: "Pour un rien du tout"... de C.L.M et E.A/suivis d'entrelacs de E.A.


©Dessin et photo: C.L.M

Pour un rien du tout...


Je suis vidée d’un tout et remplie d’un rien.

Est-ce ce rien qui pourrait

me remplir de tout?


                             Le tout c’est rien.
                            Le rien c’est tout.


Suis-je vide à ce point

pour me remplir d’un tout

qui n’est autre qu’un rien?
Est-ce ce rien qui me permet de penser au tout

ou ce tout qui me laisse cette impression du rien?
Peut-être ne rien penser du tout

serait tout...ce tout qui pourrait combler ce rien?
Rien ne sert de s’enliser d’un tout

ou d’un rien.



Il n’y a rien du tout.


C.L.M & E.A


***

Entrelacs



Mon âme

entrelacs

où baignent des nymphes folles

dans l'eau bouillante de mon volcan

en chaleur



mon ombre

rivière de lacs

perpendiculaires

prière femelle

des déesses emprisonnées...



ma vie

cour

des miracles
où la pluie virale
s'acharne à effacer les pas perdus

***

...nulle parole n'a l'aura du silence, nulle parole n'est aussi complète que le silence...
***

...dans le monde, il n'y a que deux types d'homme...ceux qui se prennent pour des dieux, et ceux qui espèrent le devenir... les autres essayent de les suivre à la trace...

***

...amoureux de toute la terre entière, vous seuls savez combien malheureux et vides nous laissent les défunts de nos heureux souvenirs...en palpant le cœur d'un amoureux, il y a de forte chance de tomber sur ce souffle qui bat la mesure comme pour narguer la mélancolie, avant d'embrasser l'avenir à corps perdu. Car, un amoureux croit toujours à demain...un amoureux espère toujours un meilleur lendemain...

***

Un poème ressemble trait-pour-trait à un labyrinthe...même pour son auteur. On ne sort jamais indemne de là...

***

...un amoureux de la vie répète souvent: "pour un rien du tout, je suis prêt à t'offrir le monde"...

***


...une plaie mal cousue ou une cicatrice n'est rien d'autre qu'un souvenir que le temps nous impose...


***

....quand les hommes sauront comment enlever les clôtures du ciel, le paradis ne sera qu'un amas de rêves, d'espérances, de souhaits et de peurs...

***
...tic tac, tic tac... le temps passe, sans qu'on s'en aperçoive...






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  ©Tous droits réservés/ruedesrumeurs/Le Havre, France.





samedi 12 septembre 2015

LA LETTRE!



Trente quatrième parution
" La lettre".
# 34, Le Havre/Septembre 2015.
Dessin et photo: C.L.M
La lettre de E.A (extrait de "La page").
Réalisation: C.L.M & E.A





©Dessin & photo: C.L.M



La lettre: une ville souterraine
 

 …,  Quand je suis arrivé ici, j’ai reconnu trente ans  après l’odeur de la salle d’accouchement où ce maudit médecin m’a posé dans les bras de cette dame que j’ai toujours aimé appeler maman. J’étais revenu avec ta maman. La ville ne dormait pas à ce qu’on m’a dit. Il parait que mon père voulait fêter ma venue. Il avait convié du monde qui venait s’ajouter à la longue liste de noms de notre famille.
 
Je suis né dans un bal, mon fils, vois –tu. Je ne sais pas pourquoi, ne me le demande même pas. Alors j’ai appris à fuir le bruit. Pourtant, j’aime entendre toutes ces voix reconnaissables et reconnaissantes ; je déteste le silence quand je ne suis pas armé d’un livre. Mon père m’avait initié à la lecture et j’ai fait de mon mieux pour te transmettre le seul bien que j’estimais correcte: un livre. 
 
Un livre cache toujours au moins un secret. Ce que tu regardes peut l’être ou pas, si seulement un groupe d’hommes est capable de se montrer pour mieux se cacher, capable de se supporter, capable de vivre au cœur des ténèbres en passant leur temps à rire de ceux dont ils souhaitent accélérer la perte.  Le vent tourne mon fils...
 
Le monde est fait de gestes, de bruits, de manières que l’on ne comprend pas toujours. Tu sembles avoir une âme en plus de celle qui faisait rire tes camarades tant tes remarques ressemblaient à celles d’un petit farceur né. Ils t’ont vu spécial. Je crois qu’ils avaient tous raison. Tu es spécial mon fils et c’est mon unique fierté. 
 
J’aimais accompagner ma lecture d’une douce musique jouée en sourdine ou encore d'une émission de radio sur les lettres. J’aimais écouter le monde. Je riais souvent. J’aimais rompre cette routine qu’est la vie et ses nouvelles manières qui envahissent le monde des savants et des génies en tout genre...
 
Tu dois savoir que dans les livres et en dehors, cette ville reste fragile. Alors ta curiosité,  ton sens de l'observation et ta capacité à te faire passer pour le nul sont des atouts que tu possèdes afin de lutter contre toi-même et  ce royaume où les perroquets font la pluie et le beau temps...
 
Agir, il fut un temps, était vivre. Aujourd’hui vivre c’est mourir un peu plus chaque jour.

Dans  certaines situations, Boby, il faudra agir comme un enfant et voir comment font les grands. Avec un peu de chance, tu sauras choisir tes repères. Tu dois agir à l’instinct, sinon tu réaliseras trop tard que c’était bien trop tard.  Un mot partagé dit beaucoup sur qui on est; alors, mesure ce que tu donnes aux autres, nous ne sommes pas si riches avec une langue facile. Alors serais-tu prêt à écrire un roman que tu pourrais titrer : Conseils.  Tu ne le feras pas, on s’aime trop pour cela.
 
Prends un peu de temps, quand  tu en auras, pour planter un arbre au nom de nos grands-pères, et tu comprendras.
        
Te rappelles- tu l’histoire des hyènes que je t’ai racontée. Te rappelles-tu ? Tu dois être mort de rire ou de pudeur. Car une histoire comme celle-ci n’est pas à faire vivre à un enfant. Pourtant papa l’a fait. Je te demande pardon si tu le veux bien. Ne dis rien ! Je connais ta réponse.  
 
Alors:
 
 C’est l’histoire d’un village d’animaux où le lion a cessé de régner en tant que roi. Ce dernier, était déchu de son trône, par une bande de galeuses à la gueule émeutière, qui rasait le plateau des autres animaux tous les jours.   Le lion, Roi de cette petite jungle, soucieux de plaire à toute sa bande et garant de cette demeure hostile, s’est vu offrir des proies faciles; ce dernier a signé sa perte car il était si avare des compliments que même le plus malheureux des animaux savaient comment l'amadouer. Il s’est laissé faire comme à « l’accoutumée » dans cette petite jungle.  Quelques temps après sa déchéance, la bande  de hyènes prit le contrôle de la Jungle. Celle-ci, en peu de temps, avait transformé la jungle en une espèce de champs de foire en construction, un « no animal’s land ». A ce qui se dit, ces dernières continuent aujourd'hui encore à sniffer les entrailles de la terre à la recherche des cadavres enterrées.
        
Il y avait également dans cette jungle, un couple de singes; mais, face à cette situation catastrophique, il demeura pour une fois silencieux. "Si le Roi ne dit rien, alors tout doit rouler comme sur des roulettes", pensait-il. Les rares qui ont tapé sur la poitrine et des pieds ont failli perdre gros; alors, tout le monde s’est tu.
 
Sous les pieds d’un des singes, dans la petite demeure qu’ils se léguèrent de génération en génération, il y avait une mine. Et celle-ci resta pendant longtemps hors de portée du Roi et des hyènes qui venaient de prendre le pouvoir.
 
 
©Dessin & photo: C.L.M
 
Et, en plus des Hyènes, une situation invraisemblable s’est produite, dans cette jungle hors contrôle. Des requins avaient réussi à secouer la terre jusqu’à amener la mer au pied de la jungle.  Un des singes, différent, effacé et sans aucun talent, allait pourtant avoir la chance de sa vie. Il a découvert enfin qu’il n’était pas seul au monde malgré que leurs géniteurs aient été décimés par une maladie contagieuse; et qu'il pouvait, à tout moment, compter sur le seul qui lui ressemblait. Alors il s’est mis à rêver pour et avec lui, voir comment sortir de ce fléau, orchestré par cette meute mutante: Hyènes et requins.  Eux aussi, allaient être chassés à leur tour.
 
Depuis ce drame, les deux singes avaient décidé de vivre loin de la jungle...très loin de ce royaume où, même des perroquets ne songeaient qu'à renverser les hyènes pour régner à leur tour. Ils avaient trouvé mieux à faire en écrivant leur testament. Cette phrase n’a certainement pas sa place ici. Mais tu comprendras. Si les Hyènes viennent à chasser  un lion- Roi de la jungle-, si des perroquets se mettent à rêver de pouvoir, et si des requins arrivent à respirer même en dehors de leur élément, alors, c'est qu'il est grand temps de partir....c’est très mauvais signe.
       
  Alors, le couple de singes et le lion ont décidé de laisser au temps le privilège de deviner l’avenir, en continuant paisiblement leur aventure de vie.
 
Il y avait eu un vieux pour me raconter cette histoire. A ton tour maintenant, assure-toi de faire en sorte qu’elle reste une histoire. Mais, tu dois la vivre autrement. Cette histoire ne se retrouve dans aucun livre Boby. On me l’a racontée.  Mon fils, on ne reconnait une mine qu'à l'acharnement de ces  femmes et ces hommes qui creusent la terre, sans aucun répit, à la recherche de trésor et de cadavres en tout genre. Je veux parler de ces hommes que les femmes serrent fort quand ils rentrent à la maison, ces soldats sans armée et ces génies de toute sorte.
 
De nos jours, on assiste à ce ballet où: les sourds crient avoir tout entendu, et les aveugles revendiquent le droit de  mener les autres. Souvent. Voire trop souvent.  Sous tes pieds, se tient un équilibre centenaire. Alors, tu dois continuer ta marche; tu dois faire attention à là où tu poses ton regard et ta plume; garde avec toi une feuille au cas où une idée parviendrait à sortir de cette bouilloire qu’est ta tête.   
        
La vie n’est que réalités, mythes et fantasmes en tout genre ; La vie n’est qu’une illusion dans les yeux des hommes comme nous...Pour cela, je pense que nous savons tous les deux qu’une seule vie ne suffirait pas pour  en parler. Alors contente-toi de nous lire. Oui, je viens de te donner un ordre.  A toi de voir. 
 
Ton père qui t'aime.



© Tous droits réservés, ruedesrumeurs/C.L.M & E.A/
Le Havre/France.






dimanche 6 septembre 2015

POUR L'AMOUR D'UNE ROSE.



Trente troisième parution
"Pour l'amour d'une rose".
No: 33, Septembre 2015, Le Havre/France.
Photo et Dessin: C.L.M
Réalisation: C.L.M & E.A


©Dessin et photo: C.L.M





Dans ce numéro: (Dessin et photo, CLM/pour l'amour d'une rose, de E.A)


"Il était une fois un petit village d’environ une dizaine d'âmes, où vivaient une abeille, une rose et une araignée". 
 
 ***

Je marchais seul dans la nuit, quand le vent est venu se frotter à moi ; tintait alors dans mon être cette musique, dit l’araignée ; cette mélodie sourde, soudaine et intempestive  résonnait dans mes oreilles comme l’amplitude d’un écho sans commune mesure qu’on pourrait entendre jusque dans les entrailles de l’univers. Et si on venait à m’entendre se mit elle à penser.

Prélude:

  « La nuit sort souvent les charrues  quand le jour part se coucher en emportant avec lui le rêve des bœufs…Legba seul le sait que nul chasseur de liberté ne se libère de la nuit sans un aveu; ewa au soleil comme à la nuit, le jour ne m’en voudra pas. ».

L’araignée a gardé avec elle, ce poème de la rose comme ses prières que nous autres portons avec nous, dans le rêve,  pour éloigner le malheur.
 
La maitresse ! La gaillarde ! Elle éveille avec elle, même les ombres du jour: là, où lamente le soleil qui, de plus en plus souvent, reçoit le ciel en pleine face caché derrière ces bretelles de pluie. 

 "Un corps blessé est comme un cœur mélancolique, disait la rose".
 
Prélude:

« On rentre dans la nuit comme on rentre dans l’éternité ; et pour approcher l’éternité tout homme se doit d’être un blessé. A chaque fois qu’une âme en âge de comprendre le monde refuse de faire face aux injustices, un esprit quitte cette terre sans son dernier aveu...

Cela ne sert à rien de courir dans la nuit; on  risque de ne pas atteindre notre destination. Car, dans la nuit, les trous sont aussi malins que des araignées chasseuses de mouches rongées par le sommeil ; ça,  il faut bien le croire. Même le cœur s’affronte quand il faut tirer au clair ses sentiments… ». 

Ceci n’est pas une prière, mais un aveu. 

L’araignée.
 
- Elle a une histoire particulière, ma rose. Elle a failli ne pas voir le jour. Si seulement un courant d’air ne gambadait pas par-là, terrant, dans son lit, le pauvre clown d’agent Ding chargé de chasser ses essaims d’abeille de la vielle ville; si ce dernier n'avait pas volé à son secours, entrainant ainsi, avec lui, une abeille qui tenait à faire don à la terre de sa graine , elle ne serait peut-être même pas ici à attendre le soleil pour lui adresser un vœu en espérant que ce dernier l’exauce.

- « Fleur soleil, rose fatale, la nuit tamponne tous tes secrets. Mais, ton rayonnement dans le jour sonne comme un aveu de la terre au soleil quand la lune traîne dans le jour".
 
Ces mots résonnent dans l’esprit de l’araignée comme un rêve au paradis. Comment une rose peut-elle tomber dans les bras d’une araignée, se demandait-elle ?

Seul à l’impossible tout semble possible.

L’araignée héberge en elle, une artiste hors pair. Bien que les artistes comme elle s’essayent souvent à l’exercice de la vague au visage sans reflet, se voir ne lui plaisait pas pour la rose.

- Une bête de la nuit comme moi ne peut espérer une telle faveur d’une rose aussi fatale, disait-elle. Moi, la simple mangeuse d’insectes ; moi, cette pauvre tapissière. Comment une rose qui aime sourire au soleil peut-elle songer à épouser une araignée ?
 
Elle espérait que le vent pourrait arrêter de souffler pour ne pas emporter ses mots dans des oreilles qu’il ne fallait pas…

L’abeille.
 
- A la faveur du vent je vole tel un oiseau dans le ciel; et pour le désir des ailes, je rêve de frôler ta peau. Pour toute la tendresse de ton être, je veux ressentir les battements de ton cœur; mon amour, tu es ma prière de délivrance, ave maria mon Erzulie Freda, ma rose qui aime tant le soleil.

C’est ainsi que l’abeille voyait la rose. Une Erzulie belle comme le jour.

Le soleil était un dieu et un amant fidèle envers la rose; elle s’abandonnait à lui à ses premières lueurs. Il a un charme fou sur tous les êtres terrestres à ce qu’il paraît. Personne ne semblait résister à son charme. 

Mais, à ce qu’on laisse entendre, la rose avait un faible pour l’abeille; elle était folle du soleil, mais sentait battre son cœur à l’approche de l’abeille. Cette dernière passait souvent la voir en butinant, sans répit, les senteurs de ses doux pétales d’un rouge tendre, comme la peau d’une femme qu’on accable de doux baisers.  Cette rose était spéciale : cette déesse aux trois prétendants; cette étoile récoltée par la terre, épouse désignée du soleil dans le ciel. 

L’araignée.
 
- Quand elle pensait à la rose, l'araignée ressentait sa douceur et son odeur  dans les moindres parcelles de sa petite carapace noire. Pour la séduire, elle lui tissait toujours une de ses plus belles toiles, croyant pouvoir la cacher du soleil et l'éloigner de l’abeille qui prenait l’habitude de la couvrir de ses doux baisers. Cette parade n’était pas seulement une provocation, mais également un bouclier, un marquage de territoire et un dangereux piège pour les prétendants de la rose: le soleil et l'abeille. 

Le soleil.
 
- Ce jour-là, le soleil était muet, mais très voyant dans le ciel, s’extasiant de bonheur pour montrer le sourire du jour. Il était flamboyant, rayonnant un peu plus fort que d’habitude, histoire d’éblouir un peu plus le vol de l’abeille jusqu’à lui faire perdre la tête. Il tenait à faire ressortir les traits de la belle toile de l’araignée qu’il jugeait, pour le coup, d’une médiocrité implacable; Il voulait montrer à la rose, sa dulcinée, les faiblesses de ses amoureuses : une pauvre tapissière d’araignée et une abeille ponctuelle  comme une cloche provinciale. Car, quand il s’agît d’aimer et de défendre son amour, les idées ne manquent pas aux êtres de la terre…

Puis vient dans le contre-jour, aux premières lueurs, cette cérémonie des amours de la rose sous le regard de la lune. Et ce jour-là,  l’abeille n’était pas venu  butiner au cœur, mais le cœur de la rose, son amour ; plus que matinale, elle s’envolait en direction de celle-ci, sans même ressentir l’existence de ses ailes; la rose, de son côté, se terrait dans un profond sommeil, sous la toile que l’araignée insomniaque venait de lui offrir. L’abeille avait une détermination sans faille; elle tenait à réaliser un miracle par amour, s’il le fallait, en brisant le piège de l’araignée, sautant au coup de son amoureuse avant de l’embrasser avec encore plus de tendresse.
 
Celle-ci, dormait encore, comme si elle rêvait  sans même sentir les premiers rayons que le soleil lui envoyait pour lui souhaiter le bonjour, comme à chaque jour. La lune impuissante assiste, comme un juge sans mérite, à cette  explication entre trois amoureux que le destin de la muse existentielle croise pour l’amour d’une rose. 

L’abeille.

- Pardonnez moi ma rose, j’ai le devoir de rester entière, sobre et respectueuse en  votre présence, dit fièrement l’abeille ; car, votre compagnie ne procure que douceur,  beauté et humilité tant que vous demeurez, même endormie, la plus belle des déesses de la terre…

Comme j’aimerais être ce dernier rêve qui vous garde encore un peu dans le sommeil, loin du soleil et de cette araignée qui fabule pour avoir vos grâces et vos généreuses faveurs, lança l’abeille, avec insistance, à la rose toujours plongée dans son sommeil.
 

L’araignée.-

- « Comment abonder après de telles flatteries, bien que véridiques à votre égard ma rose » lui murmure l’araignée, fatiguée de tisser des toiles d’amour en voyant ou en assistant passivement à ce fâcheux spectacle où des voleurs de reines s’acharnent à faire la cour à  sa douce rose...

Il est vrai que votre compagnie recouvre le temps de splendeur, de rayonnement et de douceur à l’infini; mais, méfiez-vous des flatteurs. Ils ont des ailes et rapportent souvent les dires des autres, Méfiez-vous Déesse merveilleuse…insista l’araignée auprès de la rose toujours endormie ».  

Le soleil.
 
Il était sage comme une tombe. Il se tordait de honte, malgré son rayonnement dans le ciel au cœur de l’aube qui rappelait  la beauté et l’énergie d’une jeunesse à fleur de l’âge; et, en dépit du  parfum de l’aube, son habilité à anticiper son réveil et de ses appels  de phare envers sa belle, la plus séduisante des roses de la terre, comme il le pensait, cette dernière dormait à pétales fermés; cette reine tellement courtisée se terrait dans son sommeil comme absorbée dans les bras d’un rêve qu'elle refusait de quitter volontairement. 

- "Ma douce, dit le soleil. Si la nature m’a placé à mille lieux de vous, elle doit avoir ses  raisons. En allant me coucher, j’emporte toujours avec moi votre image ma déesse pour embellir mon rêve ; quelle créature résiste à votre parfum de rose ? Je crains de nous brûler mutuellement, moi par ma chaleur et vous par votre fragilité, votre douceur, votre beauté et votre dévoilement.

Ma rose, lança le soleil, avec précaution; dormez ! si tel est votre souhait; mais, gardez-moi, ma douce, une place au centre de votre ciel; je fixe souvent la terre pour un regard envers vous ma reine. J’existe pour vous donner mon énergie, j’existe pour vous aimer d’énergie".

Un peu plus tard, nous avons appris que l’agent Ding avait finalement réalisé sa mission. Le seul pharmacien du coin l’a soigné. Clamant vouloir aider les hommes du village à se débarrasser des insectes qui rongeaient leurs plantations, ce merveilleux serviteur a déversé une dose mortelle d’insecticide dans le jardin communal, occasionnant la mort de la rose, l'araignée et l'abeille. 

Ce jour-là, la seule rose du jardin ne s’était pas réveillée. Elle paraissait inerte et sans aucun charme.

Et le soleil, pour marquer le coup, dans sa fureur et son désarroi,  demanda l’aide des nuages et des pressions qui les animent; et, dans le bruit du choc que seuls les éclairs connaissent le secret, ils ont fait trembler le ciel dans un torrent de tonnerre comme si la fin des temps était proche.

Une pluie furieuse se mit à tomber emportant avec elle, l’agent Ding et sa maison; et avant de rendre sa révérence habituelle à la nuit impatiente, il emporta une partie du ciel avec lui dans sa peine.

Il ne cesse de pleuvoir, depuis ce drame, à chaque printemps.



 
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