mardi 30 septembre 2014

Pour le monde qui change




Dans ce numéro: 

Vingt huitième parution
"Pour le monde qui change"
Dessin et Photo: C.L.M
Editorial: E.A
et (...).
No: 28, Le Havre, France/Septembre 2014
Réalisation: C.L.M & E.A.





©Dessin et photo: C.L.M

                            
« La vieillesse est notre quotidien, seule la jeunesse peut sommeiller en nous ».
C.L.M
(...)


Calligraphe de lacs
Panthéon de mon âme
Souffle de tambour
Et le bal commence

                                             La nuit arrive essoufflée
                                             Le jour la suit à la trace…
les bambins se préparent 
fougueux  comme le jour
dans les couloirs du temps
passe-passe et tour de main
le temps passe... 

                                          Oh! Temps qui trace,
                                         apprends-tu à l'enfant comment farfouiller...?

les vieux racontent l'histoire 
d'une jeunesse qui passe...
Les jours se perdent
avant de se renouveler 
                                           
                               Dent de lait
                              mal de chien



***

Editorial

Pour le vent qui flâne l’arbre se veut un refuge et pour l’oiseau qui plane l’air se révèle une mer de nuages. Pour le labeur l’homme se donne en sacrifice, et pour la force la faiblesse  une mante religieuse. Pour la nuit le jour s’exalte comme une pucelle ce corps de soleil que les yeux mangeront avec hantise…pour l’Histoire le temps écrit et pour elle les êtres fabulent…jeu de jour et de nuit…Pour le cœur qui bat la chamade le souffle galope…pour un puits la soif mord à l’os…l’enfant qui dort est vieux comme le monde…eh ! Mon vieux, la roue que tu vois là : ce sont les ailes de l’avion qui pavane dans l’air…Granchire* déchiré, envolé, la roue l’entaille d’une embrassade en l'incitant à prendre son envol…et comme un oiseau, pour lui aussi, l’air ressemble à une mer de nuages…

Pour le labeur l’homme travaille…seul maître à bord, le pilote de l’avion…pour ce dernier, le pisteur devient si précieux, sinon indispensable...il représente ses yeux, ses ailes, sa sentinelle.
-         comment vas-tu mon ami ?
-         heureux de préparer tes ailes…
-         Heureux, celui qui connaît un réparateur comme je te vois…
-         Pauvre flatteur…
-         Non, flatteur, ça ira !

Le pisteur gesticule et se fatigue avant de transformer son ami conducteur d’oiseaux motorisés en aigle royal, comme à chaque jour…l’histoire commence ici. Ils se sont rendu compte d’une chose essentielle : l’un ne va pas sans l’autre. L’avion avant de s'envoler marche sur la piste comme un enfant qui se tente à la parade avant la fugue…Partir loin, loin, déployer ses propres ailerons, traîner en route comme une rivière scintille à la tendresse du soleil, dans les rondeurs d’une colline…
-         La faiblesse, la mante religieuse, n’est-ce pas ?

Le temps, serviteur de l’histoire, s’incline devant les caprices et la soif d’un enfant, vieux comme le monde…la vie est le labeur à l’enfant…
-         Ah ! Cet enfant…

Reprendre les grimaces du monde ne mène pas loin...ça ne traîne pas haut...pas si haut que ça! il n'y a qu'à l'aile de l'oiseau que le vent conte le secret de l'aventure: une comptine naturelle, à coup de blouffff, vroufffff, wouuhhhh, poufff...ouf!!!

L'avion qui brave l'air n'est qu'un chien, avec des ailes, qui gueule à gorge déployée...il jappe le chien...! Il suit les hommes au bout de la terre...

Pour le monde qui change, l'amour s'éveille...et pour l'amour qui s'éveille l'homme et l'enfant combattent...

E.A/Ruedesrumeurs.




© Tous droits réservés/ruedesrumeurs/Septembre 2014/C.L.M & E.A                                         

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* Granchire: Opulence...
















dimanche 7 septembre 2014

Les mots




Dans ce numéro:

Vingt septième parution
"Les mots"
Dessin et Photo: C.L.M
Le petit vagabond & poème
(extraits de: Chronique de l'évasion de E.A)
No: 27, Le Havre, France
Réalisation: C.L.M & E.A



© Dessin et photo: C.L.M

  Editorial

"Les mots"


Noir et blanc. Bleu et rouge. Jouer. Perdre. Gagner. Vie. Azur. Horizon. Vague. Mort. Elan. Ribambelle. Rêves…j’ai le mot sur le bout de la langue. Cela travaille. Cela monte au cerveau. Cela tracasse. Zut ! c’est reparti. Il faut chercher et chercher encore. Les mots sont des chrysalides. Les hommes, une métamorphose. Peut-être pas. Peut-être si. Enfin.  Les mots se révèlent une conjugaison éternelle. 

Ils sont des meneurs de silences; ils déciment les bourreaux. Ils liment des barreaux pour libérer des innocents. Ils créent des clans: des frères et sœurs, des ennemies et amis. Les mots sont des guérisseurs. Ils engendrent de la parole un papillon de nuit, qui se réveille au premier cri du soleil qui se lève avec le chant et l'orgueil du coq. 

Au sud comme au nord, les mots voyagent d’est en ouest, à l'aube jusqu'au crépuscule. Les mots se révèlent être les plus fidèles serviteurs qui aident à l’embellissement de la vie. Eux seuls sont capables de décrire les sentiments et les émotions même d’un ciel gris. Parfois, les mots écrivent les histoires de toute une vie.

(....)

E.A/Ruedesrumeurs.

***


Le petit vagabond

Je suis 
ce petit vagabond
qui pourrait échanger la lune
pour quatre sous
croyant offrir
un cœur
au ciel

je suis
ce petit vagabond
qui rivalise
d’imagination
dans un corridor
où l’on joue à l’amour
comme on joue
 à cache-cache

La nuit
dans mes rêves
je deviens ce petit veinard
qui détient
les secrets
pour changer les ampoules
des étoiles

Le jour
mon cœur
traîne mon âme
comme une main
sur un tambour
emporte
le corps à la transe
danse
souffle extasié
danse petit vagabond
danse


***

Poème

Écris moi des mots
dans le ciel
et tu seras mon maître
Toi
souffle qui peuple
nos rêves de murmures.







Extraits de: Chronique de l'évasion/
Poésie-en écriture-/©E.A





©Tous droits réservés/Ruedesrumeurs
/leHavre/Septembre 2014. 



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vendredi 22 août 2014

LA PHOTO DE CLASSE-CM2-





Dans ce numéro: La photo de classe- CM2-/Dessin et Photo: C.L.M/Edito: E.A

Vingt sixième parution
"La photo de Classe"
No: 26, Le Havre, France.
Réalisation: C.L.M & E.A



© Dessin et Photo: C.L.M/La photo de classe.



La photo de Classe –CM2-


Job a reconnu Vincent, sans hésitation vingt ans après, son ami et ancien copain de classe. Il a rendu visite à Amélie son acolyte, le mois dernier pour la soirée entre copains d’avant… Cette dernière, dit-il, n’a pas beaucoup changé ; elle est restée toujours aussi rayonnante et remplie d’une douce énergie. On croirait entendre Hergy; ce dernier parle souvent ainsi de sa femme de toujours; il était, depuis un certain temps, le copain qu’on avait attribué à cette charmante Amélie. Finalement, ils se sont mariés.

Jean est devenu aujourd’hui un professeur de maths, motivé et respectable, comme il rêvait de l’être. Nous l’avons appris de la bouche de Claire. Cette dernière excelle maintenant dans l'art de la photographie; elle est considérée pour sa curiosité qu’elle met en photos et sa manière singulière de voir les choses, les femmes, les hommes et toute cette belle nature.

Entre job et Claire une éternité de parcours s’est jouée, après près de vingt ans; chacun sa route, chacun son chemin, depuis cette fameuse photo de classe avant le passage dans le monde des grands. Ils ont partagé ce moment au ton grave d’appréhension. Ce moment se révèle  tellement important qu’il vous suit vingt ans ou peut-être même cinquante ans après…

Claire se rappelle précisément de cette date, de ce jour et de cet homme qui, tel un vieux sorcier, venait tirer le portrait des enfants, à chaque rentrée des classes. Elle se rappelle avoir confié à Nadine, sa meilleure amie outre que papa et maman, qu’elle était raide dingue d’amour, en mots d’enfant, pour le petit John; Son souhait était de voir sa maîtresse se transformer en magicienne ; ainsi, cette dernière serait capable du même coup, par bonheur, de la placer entre son amoureux et sa meilleure amie sur la photo. Depuis cette amourette, ils ne se sont jamais revus.

Voilà! L’heure fatidique approche; cette photo est bien celle qui détermine  toute une vie. Que dis-je, toute notre existence, dit le jeune Hubert. L’image qu’on y laisse nous suit et nous suivra à la trace. Elle doit être parfaite, et nous plus que parfait. Les mamans dégainent leurs meilleurs tours de main, pour aider les petites princesses et les petits princes qu’elles élèvent à tenir tête à cette adversité puérile…Pour une fois, nous pouvions nous retrouver dans la cour de récréation sans que quelqu’un ne vienne nous bousculer à coup de réprimande, pensa Job…La cour de récréation est une jungle; la photo de classe, son expression.

On ne se démène jamais assez pour garder la face, entre peur et frustration, regret et envie de franchir un pas de plus, un grand pas…Le photographe restera celui sur qui la foudre tonnera si, par malheur, cette fameuse photo se retrouve excellente, et nous hors cadre…pas dans le tempo. Il fallait mettre plus de lumière, et on le qualifiera de charlatan et d’impatient; les parents abondent souvent dans ce sens-là, quand leurs enfants sont mal présentés sur cette photo si déterminante.

Si l’on brise par mégarde notre miroir, dit-on, nous héritons de sept ans de malheur; mais, quand nous ratons notre photo de classe, avant de passer dans le monde des grands….nous vivons dans l’attente crispante de toutes les incertitudes…des vieilles blagues qu’elle aura inspirées, des moqueries qui vous pousseront à vous cacher, évitant de croiser le regard de cet ami avec qui vous avez appris à faire les quatre cent coups.

Après vingt ans, il devient difficile de compter les yeux ayant traînés sur ces photos: Les amis, la famille, les connaissances, les flirts…puis les étrangers, les saisonniers, les collègues de bureau…si tel est votre cas, alors vous deviez être plus que parfait. Mais hélas ! Tout comme les maîtresses, le sorcier et son capteur d’image ont des préférences. Bizarre !

Ce portrait de classe s'avère plus parlant que ce qu’on peut croire. Des rapports de force se flattent dans le hasard le plus parfait, figé dans le temps. Luc est un enfant turbulent, ce n’est un mystère pour personne. Alors, cela se voit sur la photo. Il a fait le coup du lapin à Hervé. Jeanne a toujours été la préférée des maîtresses; elle est devenue maîtresse elle aussi. Claire a photographié la cérémonie de mariage de Hergy et d’Amélie…Etc.

Cette photo de classe est une éternité et le restera; elle sera à jamais ce mystère, cette entrave, cette compétition enfantine, malgré qu'aujourd’hui, emprisonner une image devient monnaie courante…même en CM2.


E.A/Ruedesrumeurs.





© Tous droits réservés/Ruedesrumeurs/Le Havre, Août 2014.

jeudi 21 août 2014

Le journal d'un cancre!



Vingt-quatrième Parution
Le journal d'un cancre
No: 24, le Havre, samedi 12 Juillet
Réalisation: E.A & C.L.M

Dans ce numéro: Editorial,
 L'écriture, une aventure sans pareille
 (Extrait du manuscrit: Le silence seul est roi)
/Grimoires rient/Dessin et Photo: C.L.M

©Dessin et Photo: C.L.M


EDITORIAL



L’écriture, une aventure sans pareille.


A mesure que le cancre éprouve ce plaisir fou à écrire, l’écriture se révèle plus séduisante qu’aucune autre amante. A mesure qu'il s’enfonce dedans, sa peur grandit. Cette peur, comparable à une arme, si puissante, qu’elle serait capable d’exterminer tout un monde, avant de le reconstruire à l’identique, ou sous de meilleurs auspices. Ce monde ne ressemble à aucun autre. Il est unique. Et la peur qu’il procure adhère à un sentiment sans courbes ni rondeurs, mais séduisant et sans limite, comme le poids d’une muse dans la vie d’un féal.

Être un écrivain, c’est oser se lancer dans le vide, affronter la page blanche, l’assommer à coup de mots et d’idées qui, au départ, n’étaient qu’un joli marasme, une nasse gigantesque…Comme une vague s’énamoure pour les rochers, anonyme est la première phrase qu’on lance à la feuille…certaines fois, pour ne pas se perdre, nous faisons porter des noms et des chapeaux à des pépites de poussière; ces êtres, pour la plupart du temps, habitent nos intérieurs, jusque dans nos viscères. 

Dans ce monde, le ciel demeure une nappe brodée d’étoiles en or; une ripaille unique, où scintillent et dansent des astres, morts de vie, de jour et de nuit; une porte ouverte, sur les traverses de nos esprits.

A mesure que le cancre avance dans l’aventure de l’écriture, il se perd dans un labyrinthe d’une unicité qui le pousse à prendre congé de lui-même, en l’habitant  dans ses moindres profondeurs; il se catapulte dans des mondes où les dieux sont des hommes mieux armés, mieux lotis, mieux en tout…le rire lui chatouille les lèvres...on se retrouve dans un monde fait de chaos et de merveilles, filtrant, par petites gouttes, les mots, les maux et les hameaux de larmes joyeuses ou fébriles, avant de se transformer en cet hamac solide, tantôt hermétique, tantôt intemporel, tantôt anonyme.

Le temps est une boussole journalière; le seul capable de plonger les histoires dans le passé, les faire vivre ou revivre dans le présent, et les consigner  avant de les projeter dans le futur, tel un vœu ou un souhait; et dans l'espoir que des yeux curieux sauront les apprécier à leur juste valeur, tout simplement. Le temps est un des complices de l'écriture.

L’écriture oscille entre les vertus du purgatoire et celles du paradis. Elle vous ensorcelle avant de vous libérer. Elle vous brûle avant de vous soigner…Elle n’appartient à aucun camp et n'a aucune préférence. Elle se contente d'exister et de faire exister... Voilà pourquoi, nous nous entêtons à la suivre comme un bouddhiste fait pour atteindre le nirvana. 

(...)

(Extrait du manuscrit: Le silence seul est roi).  


***

Grimoires rient !

Ivre de plaisance
L’angoisse journalière et fébrile
De l’ange qui vole à plat ventre
Vers les cieux de poussières vertes.

Le museau en bandoulière,
Du chien de chasse
Chien de race qui rase
Le plancher amer.

La mer  circule à vive allure comme une rumeur
Qui fait bander les gueules,
N’y voyez pas  là bouches qui ronflent,
Le ciel est un tombeau d’étoiles.

Dans les marécages d’escargots liquides...
Le prêche s’avère boiteux
Dans la marre aux larmes joyeuses
Le panégyrique a trouvé son église.

Le ciel est un grand nuage
Qui nous regarde
Le jour au bout de sa ligne,
Vertige, nourricière de terre…

Silence ! Maintenant que pousse
Enfin le vent qu’emporte l’abeille,
De sa gueule de ruche,
Le miel est de saison, mon petit bonhomme…

L’étoile  blanche est une orange mon saigneur,
Superstition dans la brocante verbale,
L’oubli est le vaisseau de la mémoire.
Toute mémoire est une fleur d’oublis qui se consument.

Oh ! L’ouragan de soleil bachote,
Fille de Terra,
Nasse des dieux…
dieux qui changent de rang,
Comme nos chemises en sueur.

En ravalant ta pente, tu verras
La nuit assise dans la brume, inhalant le jour,
Sur le banc des trocs,
Dans sa pipe en fumée de paille.

Dans les organes de la rue…
Les égouts sont des pissoirs, pas une flûte de pan…
Entendons-nous, n’est-ce pas, monsieur Dandy ?



© Tous droits réservés/Ruedesrumeurs/
Le Havre/Juillet 2014


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lundi 28 juillet 2014

L'EXPLOSIMAGINATION!




Dans ce numéro: vingt cinquième parution/ Explosimagination/Photo: C.L.M/L'imaginaire, Edito/E.A.

Réalisation: C.L.M & E.A
No: 25, l'Explosimagination
le Havre/Juillet 2014

©Photo: C.L.M/L'imaginaire.


Editorial

(L'imaginaire)...


Boom…ça tonne, ça ronronne puis ça explose…toute explosion recèle des milliers de façons de voir ou  de revoir le monde. Dans une explosion comme celle-ci, l'image dresse une scène où un ange  danse  avec  une danseuse étoile. La vieille dame qui a appris aux singes toutes leurs grimaces est assise sur un fauteuil…Le visage est encore là !...oui collé au grillage!


On y trouve dans cette explosion, une jeune femme aux pieds de la vieille dame et une autre qui pleure toutes les larmes de son corps, pour je ne sais quoi…Une explosion est un tableau. Et dans ce tableau-ci, campe une scène, ou des gens entourent une âme allongée au sol ; mal au point…

Le visage ressemble à une créature qu’il faut surement craindre...Des pieds pour crocs, des pieds d'un ange qui danse dans les pas d’une jeune étoile, et de la brume pour contours. 


Ce tableau ressemblà l’imaginaire. Oui, elles sont nombreuses nos réussites, sur les dragons, les serpents, les rois...L'imaginaire s'apparente à un grand bal Messieurs et Dames.


L'EXPLOSIMAGINATION est une quête, figée dans une explosion du temps et de l'imagination, et qui raconte plein d'histoires. Quelqu'un a vu une nymphe face à l'ange et la danseuse étoile. L'imagination déborde. A chaque regard porté sur cette toile, la vue découvre une merveille, dévoile une posture, un spectacle de danse et ainsi de suite...

Note: et vous, que voyez vous?

E.A/Ruedesrumeurs.



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© Tous Droits Réservés

Ruedesrumeurs/Le Havre, Juillet 2014














dimanche 8 juin 2014

Les chroniques de Térard!



Vingt troisième parution
Les chroniques de Térard.
No: 23, le Havre, 7 Juin 2014
Réalisation: E.A et C.L.M



Dans ce numéro: Editorial (E.A), Dessin et photo (C.L.M), 
            Chroniques des matins racontés par: ©Alain Térard
 (Des corps et des vies, Les taches coloriées)


© Dessin et Photo: C.L.M

Editorial !

Quand nous nous mettons à porter attention un peu plus à ceux et celles qui nous entourent, nous devenons des riches héritiers de la vie. Nous devenons des chroniqueurs poètes…Justement, en parlant de chroniqueur, nous en connaissons un dont un cancrelat des îles a secoué vaillamment le sommeil, dernièrement.

Il connait un coq…Vous connaîtrez, un peu plus tard, son nom  et ses traits de caractère, après la lecture de ses chroniques que nous publions aujourd’hui. Son père, sa mère, son frère et les voisins et pourquoi pas tous les autres font partie d’une grande source aux yeux de Térard…

Ses écrits sont comme le plaisir d’un lecteur ou d’une lectrice qui découvre qu’il/qu'elle peut se permettre de ressentir un « kofèmal » (courbatures, douleurs au corps, que savons-nous) avec délice.


Aujourd’hui, nous avons ce plaisir fou de partager  avec vous les chroniques des matins racontés par Alain Térard. 

Ruedesrumeurs.
***


Alain Térard dans: 


Chronique des matins racontés : des corps et des vies, les taches coloriées


Quel est la différence entre un dimanche-matin et un matin de dimanche?

C'est drôle. Je ne devais pas me réveiller. Hier au soir, j'ai eu plusieurs de ces comportements suicidaires. Mon organisme commence à imiter les organismes qui m'entourent. On dirait par contagion. Celui de ma mère, de mon père, de mon petit frère, de la fillette de mon voisin du nord.

D'abord, il y a Madanm. Elle souffre d'un mal inévitable et endémique chez le paysan haïtien: le "Kòfèmal". Et pourtant, elle est allergique au repos. Une fois couchée, ma mère cumule les ennuis. Elle dit toujours qu’avoir mal est un droit dont elle n'a pas encore reçu.

Mon père, un défi au genre humain. Une histoire qui commence avec la mort d'une belle-mère. C'était ses quinze ans. Depuis, il s'en prend aux cigarettes. Sa rage de fumer est telle, on dirait qu'il s'est dit pouvoir éliminer ce produit. Jusqu’à la dernière graine.
Mon petit frère. L'homme ! Le record de son organisme est unique. Il arrive à dissimuler une jambe cassée pendant cinq jours, pour échapper aux corrections de père et de Madanm. Il a su garder ses rôles sans le moindre petit toussotement. Marcher, baigner, l'école, jouer, rire. Tout ce qui doit le garder loin des regards parentaux. Les médecins disent qu’il a frôlé le pire.

La fillette d'à côté. C’est la huitième merveille. Un chef-d'œuvre. Elle a, un jour, choisi d'avaler une pièce de monnaie plutôt que de la livrer à sa sœur. Un "adoquin" dans l'estomac d'une petite fille de cinq ans. Toute la ville fut alertée. On l’a remorqué d'urgence à Port-au-Prince. Aucun médecin, à Saint-marc, n’a voulu prendre la chance de l’opérer.
Des organismes de grandes marques. Qualité supérieure.

Ce matin, c’est Missitha qui me retire du sommeil. Missitha est un coq pour la maison. Pour le quartier. Celui qui chante après la rosée. Une dernière occasion. Elle. Un vrai moulin à parole. Un moulin électrique à parole. Cela fait des lustres qu’elle ravitaille ma mère en informations. Toutes sortes. Rumeurs, secrets dévoilés, infos de la radio, confidences d’autres voisins, celles qui lui sont apportées par le vent. Aucun battement de bouche n’échappe à Missitha.

Elle tient un menu bourré d’insolites ce matin: Un bilan d’après pluie qui laisse trois morts sur le compte de la mairie. Elle commente. Ces morts étaient des têtus. Aucun sensé n'aurait habité le bord de la rivière. Elle renchérit avec la nouvelle fièvre à la mode dans le pays. Selon des sources confidentielles, cette épidémie n’est pas simple. Une façon de dire qu’elle n’est pas naturelle. Tout comme le choléra, le séisme, le déménagement des Victor de la zone. Elle dresse une liste exhaustive des enfants qui doivent faire leur première communion aujourd’hui. Les prénoms des enfants, leurs parents, leur adresse dans le quartier, les activités prévues pour chaque communion. Ouf ! Quelle créature.

Les dimanche-matins sont ordinaires, les matins de dimanche pèsent exceptionnellement lourds. Je dois me préparer au lourd, à l'exceptionnel. C'est un matin de dimanche.

Note: "Kofèmal": Courbatures, douleurs au corps.
           "Adoquin": Une pièce de monnaie 


 ***


Chronique des matins racontés : les taches coloriées


C'est bizarre. Aujourd'hui, un cafard me tire violemment du sommeil. Je dormais tranquillement quand soudain la bête me donne la sensation de tatouer une sorte de gribouillage le long de mon cou. Sursauté, je me lance à sa recherche. Dommage. Il connaît bien les moindres interstices de la maison.

Ici nous ne faisons qu'un avec les cafards, les rats, les mouches, les maringouins, les bigailles... Je lance un pari. Une maison qui ne cohabite pas avec un de ces calamités, qu'elle lève son petit pouce. 

Certains rats sont connus de tout un pâté de maison. Tout le monde peut les décrire dans les détails près. On les poursuit éternellement. Ils sont partout. Dans les salons, les chambres à coucher, les meubles, la vaisselle. Ils règnent dans la cuisine et les toilettes.
On dit qu'ils nous rendent malades. Personne ne sait si on ne les rend pas malades aussi. 

Je déteste ces façons de réveiller. On dirait que je laisse les trois quarts de moi sur le lit. Et, seul le quart restant part affronter le jour.

En début de sa rituelle prière matinale, Madanm fredonne toujours quelques morceaux. Contrairement à mon père qui les siffle. Le fredonnement, est, à coup sur, une invention haïtienne. Tellement les plaintes sont pitoyables, prononcées. Cette manie me laisse croire que les petits lots de problèmes de Madanm restent toujours inchangés.

Toc! Toc! Une jeune fille, dans les vingt-trois ans tout au plus, s'est pointée ce matin sous la galerie. Dans sa main, une grande cuvette emballée dans un drap blanc. Bonjour! Qu'y a-t-il?
"Bon! Le voisinage, c'est la famille. Je dois emmener mon garçon à l'hôpital ce matin. Je n'ai pas d'argent. Je suis venue vous passer ceci."
Elle a choisi de vendre à Madanm une cuvette d'occasion, en bon état tout de même, au lieu de la mettre en gage vue les taux usuraires de remboursement.
"Cela fait six semaines et deux jours depuis que le père de l'enfant est parti. Pas pour le Brésil. Mais pour une autre demeure. Pour une autre concubine. L'homme avait prédit que le jour où il ne sera plus avec la maman, il ne sera non plus avec l'enfant. Chose dite, chose faite. Il n'est pas venu. Il n'a rien envoyé. C'est peut-être encore étonnant. Mais ça existe encore.

Je dois prendre la rue. Prendre la rue, c'est se mettre dans l'aventure du jour avec incertitude. Incertain de ramener le pain. Incertain de renouveler ce contrat tacite avec le quotidien pour voir demain.

Alain Térard




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©Tous droits Réservés/Juin 2014.

jeudi 22 mai 2014

ZENTE "Invitation au rêve", écrit par Ernst ALCEUS


Numéro spécial/Mai 2014
ZENTE, "Invitation au rêve"
/Dessin: C.L.M


NOUSOUWOUT ET RUE DES RUMEURS,

s'associent pour vous présenter:


                             ZENTE, "Invitation au rêve"/E.A

© Dessin et Photo: C.LM

En guise d'éditorial...


Extraits: ZENTE et Les brouillards disent. 

***

ZENTE

Entre la grande et la petite casserole dans le ciel, stationne une étoile qui de par sa vitesse de rotation, supérieure dix mille fois à celle de notre planète, donne l’impression d’être inerte et en même temps mobile. Le dieu ZENTE s’amusait à se hisser dans le ciel, épousant ainsi la forme d’une grande roue qui tournait sur elle-même, quand le ciel se trouvait embouteillé d’étoiles ;  comme une belle nuit d’automne.

Il a cessé de vivre dans un puits et ne pouvait en aucune manière nager dans la mer ; s’il lui arrivait de nager dans la mer, ce dieu poisson tuerait toutes ces créatures : baleines, requins et coraux ; et on risquerait de trouver un requin avec notre bourse dans sa gueule tel un masque à oxygène, au pied du lit des hommes que nous sommes ; des hommes pour qui les rives sont devenues des vitrines où le soleil tente de poser de nombreux visiteurs. (...), page 43.



Les Brouillards disent...

(...)

***
La brume, la nuit, dans ce coin du monde était si profonde qu’elle transformait le village en un énorme foyer sans flamme aux creux des collines, prises sous une pluie fébrile et qui semblait éternelle. Si profonde était-elle,  que le lac se métamorphosait en une bouilloire gigantesque. En hiver, comme en été. Pour circuler la nuit dans ce village, il fallait savoir lire dans les staccatos des chevaux intelligents comme ces habitants qui arrivaient à se balader, sans aucune difficulté, dans ces brouillards qui n’offraient aucune ombre. On les appelait les « baladeurs ». Mais aucun d’eux n’arrivait à se voir dans le lac d’Omadé.

(...), page 14.
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Prix: 9 £  


ZENTE, "Invitation au rêve", est le dernier livre de Ernst ALCEUS, publié le 18 mai dernier. Ce n'est pas une coïncidence si la date de la publication de ce livre rappelle également celle de l'anniversaire du drapeau de ce dernier: HAÏTI.  


Après la publication de "Confidences d'un paradoxe ambulant", en janvier 2012, le revoilà qui nous invite à rêver.

       
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© Créationpub: Fidjo (VEL)
  
 Ernst ALCEUS
   ZENTE
     « Invitation au rêve ».
     ©Tous droits réservés/Mai 2014/Le Havre.
   © Dessin : C.L.M
* livre édité et publié en collaboration avec l’association « NOUSOUWOUT », Préface  de : S.B, 1ère et 4ème de couverture : Fidjo (VEL)/ Mai 2014/Le Havre/France. Deuxième collaboration littéraire.
               _______  NOUSOUWOUT_________
                
ruedesrumeurs@gmail.com/
ewabongolo@gmail.com/nousouwoutasso@gmail.com

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      ©Tous droits réservés/Ruedesrumeurs/Mai 2014/Le Havre.