COUP DE GUEULE

Trente septième parution.
"Coup de gueule"
# 37, novembre 2015, Le Havre, France.

Photos: C.L.M
Éditorial: Coup de gueule, E.A
Réalisation: C.L.M & E.A



Dans ce numéro: Photo: C.L.M/Éditorial: Coup de gueule, de E.A & "Africa", extrait  du chapitre cinquième-Coup de gueule- du manuscrit: Excès, de E.A.


©Photo: C.L.M
 Editorial

"Coup de gueule..."

Nul besoin de violence ou de colère pour pousser un coup de gueule. C'est dans le silence et le calme que se passent les plus grandes explosions en nous. Le monde nous accable de souffrances muettes, nuancées d'onomatopées à acoustique variable. 


Les acouphènes embrasent nos intérieurs et nous condamnent au silence; Les larmes submergent nos entrailles...Elles nous étouffent, elles nous sidèrent, mais nous n'arrivons pas à pleurer...car, nous refusons de mouiller nos yeux avec des larmes de crocodile...nous refusons de vénérer, d'aimer les bourreaux qu'on nous force à aimer...

Paix à notre âme, dès aujourd'hui; et pourquoi ça? Parce que c'est ainsi pour celles et ceux qui, comme nous, refusent de suivre la foule des dieux machiavéliques du grand nord...


Voilà le monde dans lequel nous vivons. 


Le monde dans lequel nous tentons de vivre marche la tête en bas, donc sur la tête...Et, malgré tout, nous avançons afin de ne pas froisser la vie; juste pour garder un certain équilibre, la tête en l'air....Ce n'est nullement le ciel qui nous intéresse; mais nous essayons de comprendre le vide qui nous éloigne de lui...Est-ce cela marcher? Est-ce ainsi que l'on doit avancer? Est-ce que ça marche? Nul ne saurait le dire. 


Mais, nous devons continuer notre progression, même si certaines fois nous marchons sans même avoir l'impression de bouger, sans même savoir où mettre les pieds, sans même comprendre ne serait-ce un brin de ce pèlerinage forcé. Il nous est impossible de bien considérer la chose; car le monde dans lequel nous tentons de progresser se cache les yeux.



 ***

Africa… 

Africa, dans mon cœur tu gémis...Jeune fille nue violée et meurtrie, une jeunesse cassée à coup de marteau aveugle hélant de toutes ses forces d’une voix sans échos...Ebola va-t’en loin de mon cœur, ce chemin de terre... Ce moineau qui cherche un arbre pour s’asseoir dans le désert; là où le vent ne souffle pas…là où le vent ne respire que des miettes. 

Les hommes qui t’ont porté en tant que fanion n’ont pas de sang sur leurs mains. Ils les ont lavés dans le Nil transformé en musée à Paris, à New York, à Londres et toutes ces villes lumières…

Ebola, tu n’écriras pas à l’encre de mon cœur ta devise funeste qui me considère autant qu’un chien que le destin accroche sur une croix du Chrisme dans le mépris; ma ville circule de la cordillère des Andes, de la mer des Caraïbes jusqu’à Tambouctou; mon cœur est fait de marbre sculpté par des Maures écartés des cérémonials. 

Ma virginité désœuvrée est un cordonnier ambulant, un « panseur » de souliers troués, escamotés et blessés; un aveugle au sixième sens aigu, au silence gueulard. J’ouvre ma voix comme on fait d’un paquet cadeau orné de bulles increvables; j’ouvre mon cœur pour m’adresser aux enfants précoces que nous sommes, ceux qui récoltent leurs visages plantés au sol dans la terre comme un Mapou* respirant le vodou dans les bras du soleil levant…

 Africa Ayibobo pour Dessa*. 

Par acquit de conscience je préfère continuer de douter de mes facultés à bien penser, repenser ou simplement envisager le monde; et tous les jours de ma vie, les mêmes questions me reviennent. En observant le ciel, dans l’allégresse fébrile des étoiles qui s’éteignent, chutent et s’allument par à-coup, avant de venir reprendre des forces dans nos échappements en rêve-pure folie que l’on n’offre qu’à la nuit- j’épouse alors l’apparence d’une amphibole; je m’éloigne des allumettes. Et dans cette dynamique, j’ai trouvé bon de changer de place les étoiles de la grande ourse dessinant, dans mon ciel à moi, l’ombre de Zente.

J’ai fait cela comme je le pouvais pour débuter, et après tant de paradoxes, je ne cesse de croire que le monde n’est qu’un amphithéâtre…

Dans cette fraîcheur automnale, je ressens le souffle d’un pays qui se contracte en moi comme une douleur, transperçant mon âme et mes entrailles, de part en part.  

Mon monde semble malade comme un chien errant, l’avatar fragile d’une île qui passe dans le jour; un escargot sans relief, une fumée translucide...

Je marche dans le jour, quand les étoiles sont couchées, quand les bateaux mettent les voiles et tel un désœuvré, un homme que l’on renvoie du travail après une simple algarade, je me promène…pour me consoler, je continue de rêver, même le jour.  

E.A/ruedesrumeurs



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