lundi 12 octobre 2015

POETIQUE



Trente sixième parution.
"Poétique"
# 36, octobre 2015, Le Havre, France.
Photos: C.L.M
Éditorial: E.A
Réalisation: C.L.M & E.A

Dans ce numéro: Photos, C.L.M/Éditorial: "l'envers d'un monde" de E.A et quatre extraits d'"Entrelacs" et "Pile ou face, in Portraits de lune".
 

©Photo: C.L.M



Éditorial

L'envers d'un monde...

Dans le monde de la poésie, il n'existe nul rang chez les poètes. Et la poésie, elle, brûle toujours autant que l'amour d'une femme. Ce n'est ni le poète, ni la poésie qui font la différence...mais, la sensation qu'une telle création sait provoquer chez nous... nuances infinies de brûlures nébuleuses et heureuses confiées à des âmes têtues. 


Je ne suis pas un poète du rien, encore moins  un poète du tout...je navigue sur les côtés, toujours à l'affût de la quintessence de la sensation...Les poètes et leurs poésies damnées s'invitent souvent à la plus haute sphère de l'âme humaine: là où l'amour fredonnant sa douce et tendre mélodie fait la pluie et le beau temps...nostalgie fragile, nostalgie rieuse et regrettable.

Les poètes ne savent pas regretter...tout ce qui les anime ne se résume qu'à cette quête constante de cet autre qui les habite et qui croit pouvoir ramoner le ciel afin de récolter quelque part quelque temps quelque épis de bonheur. 


Durent comme le fer et parlent souvent d'amour les poètes...

" ...tellement de rêves sont nos réalités...nous aspirons à vivre comme nous aspirons à mourir...avant de rentrer têtes-baissées dans nos poèmes hantés. Le ciel ne se chavire pas dans nos têtes; mais, il demeure toujours aussi orgueilleux. Combien de ronds faudrait-il dessiner sur les nuages afin de pousser le monde à voir le monde? Enfin, que faut-il faire pour provoquer cet électrochoc vital capable de faire entendre les battements du chaos qui se planque dans nos entourages..."?

Les poètes rusent souvent la vie de poèmes pour la séduire. Bohème, la poésie...bohème amoureuse de ce promeneur étrange, futé et défiguré, s'entrainant à rire des murs...petit fou furieux. Bohème joyeuse la vie qui se couvre de poésie. Bohème amoureuse d'un poète; gracieuse se révèle la vie de bohème et de poésie.

E.A pour ruedesrumeurs.



©Photo: C.L.M


                                                     ***
 ...trop de cris livrés aux mains de l'espérance, et un ciel qui se pique les veines...aveuglés, les chasseurs de lumière...tourmentés les rêveurs...souffle, sorcier nourricier...souffle tambour déphasé la veille pour déranger l'hymne aiguisé et cérémonieux de la mort qui ricane...à mort la mort! une fois de plus...tous ces hommes qui marchent n'espèrent qu'une chose: qu'elle se montre la vie...

                                                         ***

...du chaos engrossé de force, je ferai une mèche à ma bougie à flamme venimeuse...elle ne brillera que dans le noir et dévoilera mon ombre en plein sommeil...du chaos qui me tourne en rond, je ferai un porte-voix pour tromper la mort...elle ne saura quoi faire d'une âme qui la désire mais qui refuse de se soumettre...le ciel est trop grand pour le monde et le monde trop pauvre pour s'offrir le ciel...la chance se camoufle dans la nature sous toutes les formes...

(deux extraits d'Entrelacs, E.A)
 

                                                   ***
Affaire personnelle

du feu qui coule du bout de tes seins
et de la chaleur qui encombre tes pores
j'en fais mon affaire

avec les éclats de ton souffle
j'allumerai un feu de camp en plein jour,
j'en fais la promesse!

je ne rêve pas
ne rêves pas
laisse-moi boire ton corps
tel un ruisseau assoiffé accoure à la rivière

du feu qui coule du bout de tes seins
et l'abandon de ton corps ce soldat désabusé
j'en fais une affaire personnelle. 


                                                  ***


J'ai rêvé de toi

j'ai rêvé de nous hier soir
nous étions dans un mauvais jour
il pleuvait dehors ainsi que dans nos pores
et nous nous amusions à nous enlacer
avant l'arrivée du feu de chair

j'ai rêvé de toi hier soir
j'avais ma bouche amarrée
quelque part entre tes seins et tes hanches
j'avais ta peau dans les yeux
et nos mains mimaient une contredanse débridée

as-tu rêvé de moi hier soir?
avais-je ta peau dans mes yeux?
ai-je eu mes lèvres au creux de tes seins?
nos mains, étaient-elles aussi heureuses
comme au moment de nos étreintes sans borne?
 

j'ai rêvé de toi hier soir 
j'ai rêvé que tu rêvais de nous. 

(deux extraits de "Pile ou face, in portraits de lune, E.A).






© Tous droits réservés, ruedesrumeurs, C.L.M & E.A/ Le Havre, France, octobre 2015.

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