samedi 24 décembre 2016

De joyeuses fêtes à vous!





***

Joyeuses fêtes à toutes et tous!

Nous revenons bientôt!


Merci pour votre compréhension!


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vendredi 22 avril 2016

Les confidences d'un saoul!




Quarante quatrième parution
 " Les confidences d'un saoul".
#44, avril 2016, Le Havre, France
Éditorial: extrait de Les confidences d'un saoul,
suivi de "La vieille harpe", deux extraits du manuscrit: Les confidences d'un saoul.
Dessin et Photo: C.L.M
Réalisation: C.L.M & E.A


©Photo et dessin: C.L.M


***

 Éditorial

                           Confidences d'un saoul

Je suis saoul; je saoule la vie avant de l'étreindre et me suis gavé de mots à l'ivresse facile. Je dis vague, sans consistance; je tangue...pour tout vous dire, mes phrases ne vivent que vingt-quatre heures; vingt-quatre petites heures, enivrées dans l'exil facile. 

Ils ont la gueule de bois mes mots saoulés à l'exil facile...je divague, ma prière tient dans le savoir, le savoir faire, l'aisance et toute la foi de Pontonoos; mon élégance titube en vers en ville...je suis saoul, et la nuit n'a qu'une couleur: le flou...elle fait tanguer le saoul la vie...

...la solitude, voulez-vous que je vous dise...je l'emmerde! Je l'emplis d'ennuis et d'intruses pour donner à boire à toutes les âmes errantes et travailleuses de nos intérieures croulant sous le poids d'un simple caprice...de solitude je m'occupe, je la fais tourner en bourrique, la bourrique...je l'emmerde...!

- Tu l'as vu?
- Oui
- Par où est-il allé?
- Qui sait!
- Comment ça qui c'est?
- Non, pas qui c'est mais qui sait?
- C'est pareil!
- Non, pas du tout!
- D'accord!
- Autant pour nous!
                                                  ***
 
...Il n'y a pas, pas de drame à vivre...J'aboie comme la nuit qui voit passer des ombres...j'astique les vitraux du ciel en époussetant le soleil...je n'ai relevé aucune brûlure de cette infamie...il devait s'agir d'une pleine lune; 

...et pourtant, une allumette m'a brûlé jusqu'aux cloques, m'a réduit à l'état dubitatif d'un gosse têtu consolé par sa mère...Merde alors! Ce veinard...riez-moi au nez pendant que je m’essuie les yeux...je ne vous vois pas, comme mon chapeau pare-soleil, mon paletot que je viens seulement à découvrir, mon foulard daté, comme toutes ces choses auxquelles je n'ai jamais vraiment porté attention...

Mon paletot aussi a besoin de solitude...c'est pour cela, durant mes balades je l'accroche fièrement aux étoiles; et mon foulard daté, je le pose à l'air...ce n'est même pas un foulard, mais un cache-nuque, ma canne...et mon chapeau sur un arbre quelconque...

                                                 ***
                                
                                     La vieille harpe

Tout artiste a, tout au moins, un vœu à noyer; il passe le plus clair de son temps à jouer la folie comme un orgue en harpe, un vieil orgue. Une porte qui grince...et voilà, l'artiste passe et la foule le regarde, il s'en va nulle part clame t-elle! tandis que lui, reste là, bien planté dans son rêve, une convenance, comme un pied de nez à la vie. 

La pastorale des ogres ne sait plus quoi faire pour arrêter sa marche; tilandeng, tu ne lâches donc jamais rien!...et, là où le soleil n'est pas...alors, le voilà qui s'en va y noyer son chagrin...c'est noir là-bas...mais, il y va quand même. 

Sachez que pour la plupart de ces artistes, certains font dans l'oubli, d'autres dans l'alcool, d'autres sont encore embourbés dans les nuits fébriles du monde...n'en parlons pas...sinon, il faudrait songer à passer une vie entière là-dessus...et on dit même que l'artiste n'a aucune corde à son arc...il n'a même pas un arc, cet artiste!

Un vœu n'est jamais lourd à porter...la plupart du temps, on ne le ressent même pas...mais, ne serait-ce par son ombre, il nous embaume le cœur comme une tombe qui attend son âme...et puis, vient à éblouir l'écran électronique, par son sourire et son essence, une fille qu'on apprend à peine à connaître...un poème nous brûle aussitôt les lèvres...:

" Mon ciel...mon amour, mon ange, que de frivolités pour ainsi dire la pureté...mon ciel, où je retrouve aisément mes pas, mes traits et manières, et toutes ces choses exceptionnelles, dans les nuits sans lune, où tes yeux dévoilent toujours ce soleil heureux, j'accroche ainsi ton sourire, maintenant et comme à chaque jour, dans le ciel pour dévoyer les dormantes incandescentes; 

...ainsi, ainsi s'en va mon ombre tranchant la nuit de prudence pour veiller un ange qui m'aide à tenir celle-ci en laisse...se retrouver si heureux sur cette route sans destination; demain aura un goût de fête...

E.A
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©Tous droits réservés/ruedesrumeurs/C.L.M&E.A/Le Havre, France, Avril 2016.
 

samedi 9 avril 2016

L'Anathème


Quarante troisième parution
 " L'Anathème".
#43, avril 2016, Le Havre, France
Éditorial: L'anathème, extrait de "ZENTE, 
suivis de "Ô grand arbre",  et les allumettes ...par E.A
Photo: C.L.M
Réalisation: C.L.M & E.A


©Photo: C.L.M
Éditorial: "L'anathème".

Il y a des soirs, le questionnement nous pointe tel un poignard pendu sur notre tête qui gueule un simulacre "non-sens". Et là! La brume, tel un bouclier, pose dans la nuit un goût errant, un éventail fait de galops de chevaux fanfares. La vie tangue dans les contretemps des vagues qui s'échouent aux cimes de nos galets chauves, pieds dans l'eau. Elle est comme ce que l'on croit voir dans un paysage, devant une fenêtre lamentant toujours la même vue [...]

***
Dehors, on voit passer les gens sans connaître une once de leur histoire; pourtant, nous arrivons à parler d'Histoire. Comment faisons-nous? Je me le demande. Nos vagues sont souvent, mortellement fébriles dans la danse d'un rêve déchu par la vulgaire arrogance des rois en mousse.

Extrait de "Zente", par E.A

                                      Au grand arbre

Ô Grand arbre, féru mendiant d'histoires passagères à raconter au vent...dompteur d'anciens hivers, conteur dérivé de la terre aimante, ton verbe prend toujours la forme d'un fruit que l'on déguste en tout temps;

Ô vieillard, toi qui tiens hymne du vacarme des moineaux, colibris, pies, pigeons, mouettes et goélands...sous ma fenêtre...

Tu regardes passer le monde à travers champs, piqué à l'envie pressante, à l'orgueil stérile, perdu dans l'espace sans fin des murmures sans nez, comme le mépris de ces chiens reniant les premiers coups de fouet pour l'amour du risque, pour l'amour d'un os mort.

Ô grand arbre de tous les temps, fils du soleil, toi qui sais si bien soumettre la neige, en la trouant avec ton ombre feuillue...grand chêne, rempart des songes poétiques des conteurs, le papier des heureux a maintenant ce goût d'encre mouillé...tout cela te laisse songeur, comme ce poète mangeur d'étoiles.

Tu te couvres des saisons pour allaiter, sans faille ni rancœur, tous ces cœurs désespérés dans la paille...ta parole est silence comme ton hymne est oisif...il nous faudra vivre ton songe, pleinement, pour espérer remonter le temps;

Ô grand arbre, tu as su garder en toi, de tout temps et malgré vents et  tant de mauvais temps, la mémoire de ta première feuille...

Grand mapou, la nuit te parle comme le jour te quitte...Les maîtres, après leur repas, viennent souvent perdre leur paresse dans ton ombrage; les amantes gorgées d'amour et de tendresse, aux seins pointus et excités, aiment tant se blottir contre tes branches pour penser en amour à leurs aimés damnés; le plus pauvre d'entre nous, à force d'écorchures aux pieds, orphelins des chaussures trouées, n'a hélas ni assez de souffle, ni assez de temps pour arriver jusqu'à toi...les rois meurent sans orgueil et réalisent souvent trop tard, bien trop tard, que toi seul sait véritablement comment enjamber le temps sans regret.

Et moi, ô arbre de nos vies, je t’épargne mes blessures...tu es immobile comme ta souplesse, fidèle et loyal comme le temps que tu gardes dans ton feuillage...il me revient de t'emmener au cœur de mon rêve où tu seras mon seul et unique arbre à vivre... 

Ô grand arbre, regarde moi cette forêt artificielle, antre de la hantise à l’érotisme asservie et des voyeurs pathétiques, où règne filles et fils de la discorde...même le vent qui s'y frotte te revient avec l'odeur de la panique; une panique de paille...

Ô grand arbre, fils de la terre au baptistère gazeux, tu n'héberges aucun loup dans tes contes...ils ont migré en ville, là où vivent aujourd'hui encore toutes ces fées jalouses d'Erzulie Freda; et où toute justice est fille du silence...


***

 Les allumettes

J'ai dans la poche
deux allumettes
une pour illuminer
l'espace millénaire
et une autre pour incendier
mon essence.



E.A


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vendredi 1 avril 2016

Excès



 Quarante deuxième parution
 " Excès".
#42, avril 2016, Le Havre, France
Éditorial: Extrait de: Entrelacs, par E.A
Photo: C.L.M
Réalisation: C.L.M & E.A


©Photo: C.L.M
*** 

Éditorial


...je me suis réveillé avec un bouquet irréel dans les pattes et quelques rêves épars me suivant à la trace comme de ces fidèles errants que l'on embarque lors d'un pèlerinage...je n'arrête pas de penser à ces murs, ces cris, ces gens et tous ces bruits posthumes qui, autrefois, constituaient ce passage unique de ma vie...des moments empreints de cette douce nostalgie où sommeillent aujourd'hui encore tous les privilèges et les déceptions- directes et indirectes- que nous avons pu vivre (ou faire vivre aux autres) durant toute notre enfance...notre jeunesse...maintenant ou demain...des éclats nous parviennent...certes, ces derniers nous paraissent méconnaissables et pour la plupart passifs; mais, cette mémoire vive semble avoir le don de nous enfoncer dans une transe sans commune mesure; un cheminement vers les ténèbres avant de rejoindre cette île où la lumière nous paraît toujours si aveuglante, si prenante et si dense par sa profondeur que nous nous voyons souvent chérir l'envie de nous replonger illico dans l'inconnu, histoire de retrouver ne serait-ce, un semblant d'équilibre.


[...]


Nous portons nos cernes au creux de l’œil
cette vitrine rouge, où nos larmes chutent et
trépassent comme on lèche une vitrine
sans un sou sans un sou dans la poche
nous sommes dans le viseur des cibles translucides
et la suspicion circule en ville
nous sommes figés dans le jour
dans ce train-train quotidien
cette bâtisse inhabitable
dans cette traversée, étroite comme une tangente,
seuls nos souliers troués,
garderont encore un peu de mémoire de la route.

Extrait: Excès manuscrit,  par E.A
                                                                   ***


On pourra me lapider; ou me jeter tous les sorts du monde...je ne dévoilerai pas mon rêve

pour couvrir les cris de ces bons vivants, je me traînerai comme une ombre sans laisse, au bout de ces nuits bleues où le ciel porte une robe acajou

quel est donc ce trouble désir, ressemblant étrangement à ce péché véniel, sachant si bien transformer l'homme que je suis en ce lépreux que même la caresse du vent, que même la plus frêle des brises fait frémir

dans l'ordalie des aigles aphones, je plongerai mon soupir comme une épée dépourvue de toute conscience que l'on plonge dans le torse, avant de creuser ces galeries aveugles pour faire couler le sang dans tout le corps

comme une foule se libère d'une prison pensante; j'userai ardemment de ma soif de poésie; je me vengerai de moi pour amener mon rêve à l'embouchure du sommeil où tous les rêves se révèlent

j'ai été maudit; j'ai mangé la part des morts et scellé mon sort; cela ne pardonne pas...je trouverai bien refuge dans ce poème hanté qui sait si bien dorloter le poète...

on pourra me cracher au visage; je m'en moquerai comme si j'étais un enfant têtu
car je le sais, la seule bataille noble est celle que l'on gagne pour les autres...

ils étaient nombreux dans la cage aux folles...cages pourpres ceinturées de songes oubliés dehors, prospérant de peines et d'angoisses, de contre-temps et de mains dans le dos; intime anamorphose où l'on aperçoit,  à peine, les autres...

les uns scrutent les autres et voilà; à présent,  ils sont tous en rang...quand j'étais à l'école, je prenais un malin plaisir à dévisager celles et ceux qui forçaient les bambins comme moi à détourner le regard...



***


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vendredi 25 mars 2016

Le Partage!



Quarante et unième parution.
"Le partage"
# 41, mars 2016, Le Havre, France.
Photo: C.L.M
En guise d'éditorial:  une pensée de M.M

Réalisation: C.L.M & E.A





©Photo: C.L.M



En guise d'éditorial: "Une pensée de M.M"...
 "J'aime mieux donner à ceux qui ne me demande pas"...
" C'est seulement quand on croit tout avoir, on en vient à nous demander s'il ne nous manque rien"...
M.M

***
Le Partage... 


...tout un art de vivre, j'appelle cela. Tout simplement! Il n'y a pas de mal à être soi-même...un soi-même souvent mis à l'épreuve, si souvent dévitalisé, tellement  délaissé et maltraité au détriment des autres...tout cela nous amène à comprendre qu'il ne faut pas attendre que l'on nous invite ni à donner ni à tendre la main. Ce que l'on donne se révèle bien peu par rapport à tout ce qu'on devrait véritablement rendre de tout ce qu'on reçoit tous les jours, sans même nous en rendre compte... 

"Aucune ruse ne peut se passer de la tendresse du cœur..."


...dans le partage, l'autre ressemble à cet inconnu qui nous aide à mieux nous révéler...tendre la main n'est que funeste seulement pour ceux qui ne savent pas donner...quelqu'un qui se dit samaritain doit toujours s’abstenir de la lumière...C'est même à peu près biblique de donner, tendre la main, aimer et respecter l'autre comme soi-même...nul besoin de lire une quelconque bible pour le savoir...il faut juste nous poser les bonnes questions afin de nous révéler à travers une telle  équation...l'aventure humaine...comment quelqu'un peut-il se sentir si seul, résister ou même survivre à l'attraction des autres? 

de nos jours
le temps s'en fiche
pas mal

de nos caprices nos vies
sont faites 

tendez la main messieurs
il n'y a qu'une cerise à partager...
une prière de toute foi: la terre...


Seul le temps semble avoir de l’abnégation...prenez donc le temps de vous découvrir, vous aimer, et vous contredire...ce sont là, les bases du partage...soyez votre unique prieur, votre unique sauveur, votre unique rempart et que les autres soient une fête à célébrer tous les jours et sans gêne. Celui qui donne ne doit rien attendre en retour; car, pour donner il faut avoir reçu...la vie par exemple...de l'attention...un regard...un sourire...de l'empathie...de la solidarité...des bagages  utiles à la survie des uns et des autres.

Les hommes que nous sommes, trouvent toujours un moyen pour nommer les choses...ainsi, nous avons décidé de nommer le logis des animaux: "la jungle"; là où l'instinct façonne la justice animale; n'est-ce pas là une parade astucieuse afin d'éloigner l'attention sur nous-mêmes, femmes et hommes, reines et rois cherchant vainement le meilleur moyen de nous éloigner, de plus en plus, de nous-mêmes. Existe t-il une jungle qui peut se passer de nous les hommes...des animaux si féroces qu'il nous arrive même de jouer aisément à nous faire peur, sans même un brin de dépit. 

 "Cette jungle n'est pas une jungle..."Mesdames et Messieurs...

Il faudrait plus qu'une vie à quiconque d'entre nous pour avoir assez afin de redonner aux autres, ne serait-ce un tout petit peu. Le peu, le plus, le pas beaucoup ou encore le rien du tout ne sont que des mesures...il faut passer au dessus de toutes ces mesures pour arriver à ouvrir son cœur à la hauteur de la noblesse de la solidarité, du partage et de la fraternité...celle ou celui qui aime donner, qui s'efforce à une telle pratique, qui ouvre son cœur à l'autre n'a rien à avoir avec celles et ceux qui ne donnent que pour soulager leur conscience et qui ne jurent que par la condescendance...

...même dans nos rêves, il est souvent question des autres...nul ne peut affirmer le contraire. Finalement, le peu que nous possédons véritablement ne se résume qu'au peu que l'on vient à donner aux autres: l'amour, l'attention, la tendresse, l'écoute...un regard.

E.A, pour ruedesrumeurs.

 
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mercredi 9 mars 2016

Homélie du silence


Quarantième parution.
"Homélie du silence"
# 40, mars 2016, Le Havre, France.
Dessin et Photo: C.L.M
En guise d'éditorial: "Homélie du silence", par E.A

Réalisation: C.L.M & E.A




 ©Dessin et photo: C.L.M


En guise d'éditorial

 Homélie du silence

[...]
Lait de chêne, coulant en mon sein,
jeune fille à la folie testamentaire
ma vie, mon amour, mon aube sans mesure
dans la lumière émiettée des aurores perdues
aveugle comme une enclume
dans le ciel, un amas de nuages...
mer céleste, porte dépourvue de verrous
infini où l'espérance est à l' Homme ce que la fin est à la terre...

    [...] 
 
Extraits: "Dérives testamentaires "(E.A).

...quand je pars me coucher, j'enjambe mon corps comme on franchit une barrière...je gigote dans mon lit à creuser un grand trou...c'est ma manière de faire de la place au rêve...quand je me croise en rêve, je toise ce triste personnage que je crois connaître ou  simplement reconnaître, comme quelqu'un que l'on redoute d'affronter en duel...qui sait s'il peut se vaincre en duel? D'ailleurs, à quoi bon s'affronter? Qui donc affronter? Qu'il soit ordinaire ou plus simplement pas commun, aucun homme ne peut triompher de lui-même  sans renier une partie de son être. A quoi bon?

 L'autre jour, en relisant quelques bribes des  "Sonnets à Orphée de Rilke", je suis tombé sur ces mots:
[...]
" Vous, en allant au lit, ne laissez sur la table
ni le pain, ni le lait;- ils attirent les morts.
Mais lui, qu'il vienne, le conjurateur, mêler
bénignement sous le doux des paupières;


au spectacle entier, leur apparition;
que lui soit aussi vrai que le plus clair rapport
le charme de la rue et de la fumeterre".  
[...] (6)

...comme je m'en allais dormir, j'ai fermé le livre, et je suis parti poser un bout de pain et un verre de lait sur la table de la cuisine...je n'ai pas plus de sympathie ni pour la mort ni pour les morts; mais, j'avoue qu'après avoir lu ces mots, j'ai songé, mécaniquement, en reproduisant à l'envers le conseil de Rilke que cela aurait pu rapprocher de moi dans cette aventure qui débute, non pas la mort, mais mes morts à moi...mes pères, mon parrain, mon oncle, mes amis-es, et pourquoi pas tous les faux admirateurs de Narcisse qui, jadis, savaient si bien combler l'espace tout entier de leur rire incoercible...que dis-je?

                                                       [...]
   ...en plantant mon cœur dans la terre, je n'ai récolté que des maigres épis mortifères. J'ai appris que celui qui plante son cœur dans la terre, en nourrissant l'espoir de récolter un bel arbre, un olivier, un chêne ou un mapou*, que sais-je, ce dernier récolte toujours la mort; oui, la mort...cette déesse sans empathie, cette ensorceleuse qui vient souvent, une fois la nuit tombée, comme ce rêve sournois aux pieds du sommeil, nous souffler son haleine envoutante; celle qui endort, celle qui se faufile dans notre lit avec tendresse, entraînant avec elle toute espérance, dans ce trou noir qu'on psychanalyse encore aujourd'hui..celui qui s'amuse à planter son cœur dans la terre récolte toujours ce vent subit à l'haleine de la mortifère...la mort...n'est-ce pas là le seul bienfait de la vie? N'est-ce pas là une raison de plus pour s'accrocher à la vie? Heureuse, la mortelle... que sais-je moi de tout cela?Niet...
[...]
©Dessin et photo: C.L.M
...je rêve comme un funambule sur le fil du rasoir...non, je n'irai pas jusqu'à dormir à la belle étoile...j'ai peur de ressembler à toutes ces lampes cassées, gelées et gercées, brillant de peu de flamme, grelottant dans le souffle neigeux du vent vagabond...je ne suis pas de ceux qui ne trouvent aucune peine à égorger une étoile en présence d'un enfant...je ne cueille pas les étoiles...elles sont si belles, si intenses, si étincelantes et tellement infinies là où elles se trouvent...je préfère les contempler, les aimer et les  faire vivre à travers les yeux de cet enfant qui m'habite; cet enfant qui garde ses yeux rivés sur son cerf-volant flottant dans le ciel, par tous les temps...je porte la vie comme on lit un parchemin damné...

 Je joue du vent pour repousser les mouches têtues et leur ronronnement jazzy-jazzant; et avec mon poème "blédigo"*, je viens contrer cette musique acérée...je m'enfièvre du peu de bonheur qui m'aide à tenir debout...j'enfile ma vie de retenues comme un bohème traverse une vile ville avec sa roulotte en carton bouilli sans s'arrêter...comme si chaque jour représentait une de ces perles destinées à arborer mon collier de cœur dans ce voyage à la destinée incertaine...je tente de recoudre tant bien que mal le ciel de mon enfer...
...pour cela, j'enivre ma vie de rêves...
[...]
"L'homme qui sait rire de lui-même n'a rien à envier à celui qui ne le fait pas...la différence me paraît aussi absurde que logique"...(E.A, Entrelacs) 



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 © Tous droits réservés,extraits de Dérives testamentaires, in Entrelacs/ E.A/réalisation, ruedesrumeurs, C.L.M & E.A/novembre 2015.

 

samedi 27 février 2016

POESIES ET CHANSONS

  Trente neuvième parution.

 "Poésies et chansons", par Serguei Djakovki


# 39, février 2016, Le Havre, France.

Dessin et Photo: C.L.M
Éditorial: " Poésie en chanson", par E.A
Réalisation: C.L.M & E.A

©Dessin et photo: C.L.M

 Dans ce numéro: Dessin & Photo: C.L.M/Éditorial: " Poésie en chanson avec Serguei",    par E.A / Poésies et Chansons par, Serguei Djakovki.

 
                           Éditorial: " Poésie en Chanson".

                 Lisez ces mots avec curiosité ou chantez les avec autant de patience et d'inquiétude, ça ira. Vous verrez, ça ira! C'est comme une boite à musique, pile poétique face musicale; et, au milieu de tout cela: nous autres, vous autres, admiratifs devant une telle découverte...en lisant Serguei, vous comprendrez vite que l'on révèle le monde seulement en se plongeant à bras le corps dans les bas-fonds de notre propre corps...de tout notre être, cet immense espace en nous, visible seulement de l'intérieur...jaune, noir ou blanc peu importe les couleurs des mots...d'ailleurs, les mots n'ont pas de couleur; mais, nous, oui nous...nous les forçons à en créer pour mieux nous éloigner de nous-mêmes...drame atypique, humainement et seulement humainement plausible. Chantons ensemble, avec Serguei, pour refaire surface, pour toutes celles et tous ceux qui fleurissent, aujourd'hui encore, trottoirs et rues de leurs ombres...

" Alors chantons ensemble
Ce qui nous rassemble
Et que la multitude
Soit notre attitude". (Serguei)


E.A, pour ruedesrumeurs.

***

Poésies et chansons, par Serguei Djakovki
 

"[...]
Je tangue et me ramasse. Je le prends en pleine face. C'était pile ou face, script et verdict, j'abdique, ça passe ou ça casse. Trop joué pour abandonner, la roulette était lancée, les dés étaient jetés, je ne pouvais plus hésiter. Les cartes retournées je ne peux plus me détourner. Ma santé m'avais planté et je devais l'affronter.
[...]"
***


(Poésies et chansons, par Serguei Djakovki)
10/12/2015 13:28

Jaune, noir ou blanc
Peu m'importe on a la même couleur de sang
Que tu viennes d'Asie, d'Afrique ou d'Europe
Je t'ouvre ma porte

Tu n'es pas si différent
Dans les yeux d'un enfant
Et la couleur de ta peau
Est comme un cadeau

Alors chantons ensemble
Ce qui nous rassemble
Et que la multitude
Soit notre attitude

De la peur naît la douleur
Je préfère t'ouvrir mon cœur
Mon toit sera le tien
Si tu croises mon chemin

Les idées reçues
Ne prendront pas le dessus
Et la peur de l'un
Sera la force de chacun

Alors chantons ensemble
Ce qui nous rassemble
Et que la multitude
Soit notre attitude.

(poésies et chansons, par Serguei Djakovki)
10/12/2015 13:36

Faudrait refaire surface
Avant de perdre la face
L'ennui et l'habitude
Ne sont pas une attitude

Suivre l'étoile, partir au large
Mettre les voiles, sortir de cage
Telle est l'illusion
Qui berce ma raison

Vivre du partage
Quitter le rivage
Le monde est fait
Pour être exploré

Alors n'attendons plus
Vivons d'imprévu
Le sort est jeté
Telle est ma destinée

Suivre l'étoile, partir au large
Mettre les voiles, sortir de cage
Telle est l'illusion
Qui berce ma raison.

(Poésies et chansons, par Serguei Djakovki)
10/12/2015 13:46


Au coin de la rue
Je vois une âme perdue
Comment en arriver là
Comment tomber si bas

Tendre la main
D'un geste incertain
Attendre patiemment
Que passe le temps

Car les sans abris
Ne sont pas une utopie
En bas de chez toi
Tu les croises parfois

Dans la pénombre
Je distingue une ombre
Un de plus qui grossit les rangs
De ceux qu'on appelle mendiants

Un euro c'est pas de trop
Pour avoir plus chaud
Mais les gens esquivent
Ceux qui sont à la dérive

Car les sans abris
Ne sont pas une utopie
Tu les croises parfois
En bas de chez toi.

(Poésies et chansons, par Serguei Djakovki)
10/12/2015 14:14


Suite et fin des sans abris

De rêves il a bercé
Son existence passé
Le voilà désœuvrée
Ça paraît insensé

Ce temps a brisé
Toutes ses idées
Le voilà un inconnu
Au coin de la rue

Le temps passe
Et le laisse de glace
Comment refaire surface
Quand on perd la trace

Car les sans abris
Ne sont pas une utopie
Tu les croises parfois
En bas de chez toi.

(Poésies et chansons, par Serguei Djakovki)
10/12/2015 14:25

Au gré du vent et des écueils
De la naissance au cercueil
Je respire l'air pur
Que m'offre la nature

Au dessus des soucis
Au delà des tracas
Je jouis de la vie
même quand vient la pluie

Loin de la foule qui m'oppresse
Je médite sur mes faiblesses
Renforcé par cette solitude
Je retrouve la plénitude

Fuir les ennuis est une philosophie
Et les côtoyer rend aigri
Aller voir aux alentours
Pour y vivre de beaux jours

S'enivrer de sensations positives
Pour éviter de partir à la dérive
Et voir chaque aurore
Comme une lueur de bonheur.

(Poésies, par Serguei Djakovki)
10/12/2015 14:39





©Tous droits réservés/Publication avec Serguei Djakovki/Ruedesrumeurs/C.L.M & E.A/Le Havre/Février 2016/France.
©Dessin et photo: C.L.M

©Serguei Djakovki, Textes: Poésies et chansons


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