jeudi 21 août 2014

Le journal d'un cancre!



Vingt-quatrième Parution
Le journal d'un cancre
No: 24, le Havre, samedi 12 Juillet
Réalisation: E.A & C.L.M

Dans ce numéro: Editorial,
 L'écriture, une aventure sans pareille
 (Extrait du manuscrit: Le silence seul est roi)
/Grimoires rient/Dessin et Photo: C.L.M

©Dessin et Photo: C.L.M


EDITORIAL



L’écriture, une aventure sans pareille.


A mesure que le cancre éprouve ce plaisir fou à écrire, l’écriture se révèle plus séduisante qu’aucune autre amante. A mesure qu'il s’enfonce dedans, sa peur grandit. Cette peur, comparable à une arme, si puissante, qu’elle serait capable d’exterminer tout un monde, avant de le reconstruire à l’identique, ou sous de meilleurs auspices. Ce monde ne ressemble à aucun autre. Il est unique. Et la peur qu’il procure adhère à un sentiment sans courbes ni rondeurs, mais séduisant et sans limite, comme le poids d’une muse dans la vie d’un féal.

Être un écrivain, c’est oser se lancer dans le vide, affronter la page blanche, l’assommer à coup de mots et d’idées qui, au départ, n’étaient qu’un joli marasme, une nasse gigantesque…Comme une vague s’énamoure pour les rochers, anonyme est la première phrase qu’on lance à la feuille…certaines fois, pour ne pas se perdre, nous faisons porter des noms et des chapeaux à des pépites de poussière; ces êtres, pour la plupart du temps, habitent nos intérieurs, jusque dans nos viscères. 

Dans ce monde, le ciel demeure une nappe brodée d’étoiles en or; une ripaille unique, où scintillent et dansent des astres, morts de vie, de jour et de nuit; une porte ouverte, sur les traverses de nos esprits.

A mesure que le cancre avance dans l’aventure de l’écriture, il se perd dans un labyrinthe d’une unicité qui le pousse à prendre congé de lui-même, en l’habitant  dans ses moindres profondeurs; il se catapulte dans des mondes où les dieux sont des hommes mieux armés, mieux lotis, mieux en tout…le rire lui chatouille les lèvres...on se retrouve dans un monde fait de chaos et de merveilles, filtrant, par petites gouttes, les mots, les maux et les hameaux de larmes joyeuses ou fébriles, avant de se transformer en cet hamac solide, tantôt hermétique, tantôt intemporel, tantôt anonyme.

Le temps est une boussole journalière; le seul capable de plonger les histoires dans le passé, les faire vivre ou revivre dans le présent, et les consigner  avant de les projeter dans le futur, tel un vœu ou un souhait; et dans l'espoir que des yeux curieux sauront les apprécier à leur juste valeur, tout simplement. Le temps est un des complices de l'écriture.

L’écriture oscille entre les vertus du purgatoire et celles du paradis. Elle vous ensorcelle avant de vous libérer. Elle vous brûle avant de vous soigner…Elle n’appartient à aucun camp et n'a aucune préférence. Elle se contente d'exister et de faire exister... Voilà pourquoi, nous nous entêtons à la suivre comme un bouddhiste fait pour atteindre le nirvana. 

(...)

(Extrait du manuscrit: Le silence seul est roi).  


***

Grimoires rient !

Ivre de plaisance
L’angoisse journalière et fébrile
De l’ange qui vole à plat ventre
Vers les cieux de poussières vertes.

Le museau en bandoulière,
Du chien de chasse
Chien de race qui rase
Le plancher amer.

La mer  circule à vive allure comme une rumeur
Qui fait bander les gueules,
N’y voyez pas  là bouches qui ronflent,
Le ciel est un tombeau d’étoiles.

Dans les marécages d’escargots liquides...
Le prêche s’avère boiteux
Dans la marre aux larmes joyeuses
Le panégyrique a trouvé son église.

Le ciel est un grand nuage
Qui nous regarde
Le jour au bout de sa ligne,
Vertige, nourricière de terre…

Silence ! Maintenant que pousse
Enfin le vent qu’emporte l’abeille,
De sa gueule de ruche,
Le miel est de saison, mon petit bonhomme…

L’étoile  blanche est une orange mon saigneur,
Superstition dans la brocante verbale,
L’oubli est le vaisseau de la mémoire.
Toute mémoire est une fleur d’oublis qui se consument.

Oh ! L’ouragan de soleil bachote,
Fille de Terra,
Nasse des dieux…
dieux qui changent de rang,
Comme nos chemises en sueur.

En ravalant ta pente, tu verras
La nuit assise dans la brume, inhalant le jour,
Sur le banc des trocs,
Dans sa pipe en fumée de paille.

Dans les organes de la rue…
Les égouts sont des pissoirs, pas une flûte de pan…
Entendons-nous, n’est-ce pas, monsieur Dandy ?



© Tous droits réservés/Ruedesrumeurs/
Le Havre/Juillet 2014


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