Excès



 Quarante deuxième parution
 " Excès".
#42, avril 2016, Le Havre, France
Éditorial: Extrait de: Entrelacs, par E.A
Photo: C.L.M
Réalisation: C.L.M & E.A


©Photo: C.L.M
*** 

Éditorial


...je me suis réveillé avec un bouquet irréel dans les pattes et quelques rêves épars me suivant à la trace comme de ces fidèles errants que l'on embarque lors d'un pèlerinage...je n'arrête pas de penser à ces murs, ces cris, ces gens et tous ces bruits posthumes qui, autrefois, constituaient ce passage unique de ma vie...des moments empreints de cette douce nostalgie où sommeillent aujourd'hui encore tous les privilèges et les déceptions- directes et indirectes- que nous avons pu vivre (ou faire vivre aux autres) durant toute notre enfance...notre jeunesse...maintenant ou demain...des éclats nous parviennent...certes, ces derniers nous paraissent méconnaissables et pour la plupart passifs; mais, cette mémoire vive semble avoir le don de nous enfoncer dans une transe sans commune mesure; un cheminement vers les ténèbres avant de rejoindre cette île où la lumière nous paraît toujours si aveuglante, si prenante et si dense par sa profondeur que nous nous voyons souvent chérir l'envie de nous replonger illico dans l'inconnu, histoire de retrouver ne serait-ce, un semblant d'équilibre.


[...]


Nous portons nos cernes au creux de l’œil
cette vitrine rouge, où nos larmes chutent et
trépassent comme on lèche une vitrine
sans un sou sans un sou dans la poche
nous sommes dans le viseur des cibles translucides
et la suspicion circule en ville
nous sommes figés dans le jour
dans ce train-train quotidien
cette bâtisse inhabitable
dans cette traversée, étroite comme une tangente,
seuls nos souliers troués,
garderont encore un peu de mémoire de la route.

Extrait: Excès manuscrit,  par E.A
                                                                   ***


On pourra me lapider; ou me jeter tous les sorts du monde...je ne dévoilerai pas mon rêve

pour couvrir les cris de ces bons vivants, je me traînerai comme une ombre sans laisse, au bout de ces nuits bleues où le ciel porte une robe acajou

quel est donc ce trouble désir, ressemblant étrangement à ce péché véniel, sachant si bien transformer l'homme que je suis en ce lépreux que même la caresse du vent, que même la plus frêle des brises fait frémir

dans l'ordalie des aigles aphones, je plongerai mon soupir comme une épée dépourvue de toute conscience que l'on plonge dans le torse, avant de creuser ces galeries aveugles pour faire couler le sang dans tout le corps

comme une foule se libère d'une prison pensante; j'userai ardemment de ma soif de poésie; je me vengerai de moi pour amener mon rêve à l'embouchure du sommeil où tous les rêves se révèlent

j'ai été maudit; j'ai mangé la part des morts et scellé mon sort; cela ne pardonne pas...je trouverai bien refuge dans ce poème hanté qui sait si bien dorloter le poète...

on pourra me cracher au visage; je m'en moquerai comme si j'étais un enfant têtu
car je le sais, la seule bataille noble est celle que l'on gagne pour les autres...

ils étaient nombreux dans la cage aux folles...cages pourpres ceinturées de songes oubliés dehors, prospérant de peines et d'angoisses, de contre-temps et de mains dans le dos; intime anamorphose où l'on aperçoit,  à peine, les autres...

les uns scrutent les autres et voilà; à présent,  ils sont tous en rang...quand j'étais à l'école, je prenais un malin plaisir à dévisager celles et ceux qui forçaient les bambins comme moi à détourner le regard...



***


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