Les confidences d'un saoul!




Quarante quatrième parution
 " Les confidences d'un saoul".
#44, avril 2016, Le Havre, France
Éditorial: extrait de Les confidences d'un saoul,
suivi de "La vieille harpe", deux extraits du manuscrit: Les confidences d'un saoul.
Dessin et Photo: C.L.M
Réalisation: C.L.M & E.A


©Photo et dessin: C.L.M


***

 Éditorial

                           Confidences d'un saoul

Je suis saoul; je saoule la vie avant de l'étreindre et me suis gavé de mots à l'ivresse facile. Je dis vague, sans consistance; je tangue...pour tout vous dire, mes phrases ne vivent que vingt-quatre heures; vingt-quatre petites heures, enivrées dans l'exil facile. 

Ils ont la gueule de bois mes mots saoulés à l'exil facile...je divague, ma prière tient dans le savoir, le savoir faire, l'aisance et toute la foi de Pontonoos; mon élégance titube en vers en ville...je suis saoul, et la nuit n'a qu'une couleur: le flou...elle fait tanguer le saoul la vie...

...la solitude, voulez-vous que je vous dise...je l'emmerde! Je l'emplis d'ennuis et d'intruses pour donner à boire à toutes les âmes errantes et travailleuses de nos intérieures croulant sous le poids d'un simple caprice...de solitude je m'occupe, je la fais tourner en bourrique, la bourrique...je l'emmerde...!

- Tu l'as vu?
- Oui
- Par où est-il allé?
- Qui sait!
- Comment ça qui c'est?
- Non, pas qui c'est mais qui sait?
- C'est pareil!
- Non, pas du tout!
- D'accord!
- Autant pour nous!
                                                  ***
 
...Il n'y a pas, pas de drame à vivre...J'aboie comme la nuit qui voit passer des ombres...j'astique les vitraux du ciel en époussetant le soleil...je n'ai relevé aucune brûlure de cette infamie...il devait s'agir d'une pleine lune; 

...et pourtant, une allumette m'a brûlé jusqu'aux cloques, m'a réduit à l'état dubitatif d'un gosse têtu consolé par sa mère...Merde alors! Ce veinard...riez-moi au nez pendant que je m’essuie les yeux...je ne vous vois pas, comme mon chapeau pare-soleil, mon paletot que je viens seulement à découvrir, mon foulard daté, comme toutes ces choses auxquelles je n'ai jamais vraiment porté attention...

Mon paletot aussi a besoin de solitude...c'est pour cela, durant mes balades je l'accroche fièrement aux étoiles; et mon foulard daté, je le pose à l'air...ce n'est même pas un foulard, mais un cache-nuque, ma canne...et mon chapeau sur un arbre quelconque...

                                                 ***
                                
                                     La vieille harpe

Tout artiste a, tout au moins, un vœu à noyer; il passe le plus clair de son temps à jouer la folie comme un orgue en harpe, un vieil orgue. Une porte qui grince...et voilà, l'artiste passe et la foule le regarde, il s'en va nulle part clame t-elle! tandis que lui, reste là, bien planté dans son rêve, une convenance, comme un pied de nez à la vie. 

La pastorale des ogres ne sait plus quoi faire pour arrêter sa marche; tilandeng, tu ne lâches donc jamais rien!...et, là où le soleil n'est pas...alors, le voilà qui s'en va y noyer son chagrin...c'est noir là-bas...mais, il y va quand même. 

Sachez que pour la plupart de ces artistes, certains font dans l'oubli, d'autres dans l'alcool, d'autres sont encore embourbés dans les nuits fébriles du monde...n'en parlons pas...sinon, il faudrait songer à passer une vie entière là-dessus...et on dit même que l'artiste n'a aucune corde à son arc...il n'a même pas un arc, cet artiste!

Un vœu n'est jamais lourd à porter...la plupart du temps, on ne le ressent même pas...mais, ne serait-ce par son ombre, il nous embaume le cœur comme une tombe qui attend son âme...et puis, vient à éblouir l'écran électronique, par son sourire et son essence, une fille qu'on apprend à peine à connaître...un poème nous brûle aussitôt les lèvres...:

" Mon ciel...mon amour, mon ange, que de frivolités pour ainsi dire la pureté...mon ciel, où je retrouve aisément mes pas, mes traits et manières, et toutes ces choses exceptionnelles, dans les nuits sans lune, où tes yeux dévoilent toujours ce soleil heureux, j'accroche ainsi ton sourire, maintenant et comme à chaque jour, dans le ciel pour dévoyer les dormantes incandescentes; 

...ainsi, ainsi s'en va mon ombre tranchant la nuit de prudence pour veiller un ange qui m'aide à tenir celle-ci en laisse...se retrouver si heureux sur cette route sans destination; demain aura un goût de fête...

E.A
Bonne lecture et bonne visite!


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