Homélie du silence


Quarantième parution.
"Homélie du silence"
# 40, mars 2016, Le Havre, France.
Dessin et Photo: C.L.M
En guise d'éditorial: "Homélie du silence", par E.A

Réalisation: C.L.M & E.A




 ©Dessin et photo: C.L.M


En guise d'éditorial

 Homélie du silence

[...]
Lait de chêne, coulant en mon sein,
jeune fille à la folie testamentaire
ma vie, mon amour, mon aube sans mesure
dans la lumière émiettée des aurores perdues
aveugle comme une enclume
dans le ciel, un amas de nuages...
mer céleste, porte dépourvue de verrous
infini où l'espérance est à l' Homme ce que la fin est à la terre...

    [...] 
 
Extraits: "Dérives testamentaires "(E.A).

...quand je pars me coucher, j'enjambe mon corps comme on franchit une barrière...je gigote dans mon lit à creuser un grand trou...c'est ma manière de faire de la place au rêve...quand je me croise en rêve, je toise ce triste personnage que je crois connaître ou  simplement reconnaître, comme quelqu'un que l'on redoute d'affronter en duel...qui sait s'il peut se vaincre en duel? D'ailleurs, à quoi bon s'affronter? Qui donc affronter? Qu'il soit ordinaire ou plus simplement pas commun, aucun homme ne peut triompher de lui-même  sans renier une partie de son être. A quoi bon?

 L'autre jour, en relisant quelques bribes des  "Sonnets à Orphée de Rilke", je suis tombé sur ces mots:
[...]
" Vous, en allant au lit, ne laissez sur la table
ni le pain, ni le lait;- ils attirent les morts.
Mais lui, qu'il vienne, le conjurateur, mêler
bénignement sous le doux des paupières;


au spectacle entier, leur apparition;
que lui soit aussi vrai que le plus clair rapport
le charme de la rue et de la fumeterre".  
[...] (6)

...comme je m'en allais dormir, j'ai fermé le livre, et je suis parti poser un bout de pain et un verre de lait sur la table de la cuisine...je n'ai pas plus de sympathie ni pour la mort ni pour les morts; mais, j'avoue qu'après avoir lu ces mots, j'ai songé, mécaniquement, en reproduisant à l'envers le conseil de Rilke que cela aurait pu rapprocher de moi dans cette aventure qui débute, non pas la mort, mais mes morts à moi...mes pères, mon parrain, mon oncle, mes amis-es, et pourquoi pas tous les faux admirateurs de Narcisse qui, jadis, savaient si bien combler l'espace tout entier de leur rire incoercible...que dis-je?

                                                       [...]
   ...en plantant mon cœur dans la terre, je n'ai récolté que des maigres épis mortifères. J'ai appris que celui qui plante son cœur dans la terre, en nourrissant l'espoir de récolter un bel arbre, un olivier, un chêne ou un mapou*, que sais-je, ce dernier récolte toujours la mort; oui, la mort...cette déesse sans empathie, cette ensorceleuse qui vient souvent, une fois la nuit tombée, comme ce rêve sournois aux pieds du sommeil, nous souffler son haleine envoutante; celle qui endort, celle qui se faufile dans notre lit avec tendresse, entraînant avec elle toute espérance, dans ce trou noir qu'on psychanalyse encore aujourd'hui..celui qui s'amuse à planter son cœur dans la terre récolte toujours ce vent subit à l'haleine de la mortifère...la mort...n'est-ce pas là le seul bienfait de la vie? N'est-ce pas là une raison de plus pour s'accrocher à la vie? Heureuse, la mortelle... que sais-je moi de tout cela?Niet...
[...]
©Dessin et photo: C.L.M
...je rêve comme un funambule sur le fil du rasoir...non, je n'irai pas jusqu'à dormir à la belle étoile...j'ai peur de ressembler à toutes ces lampes cassées, gelées et gercées, brillant de peu de flamme, grelottant dans le souffle neigeux du vent vagabond...je ne suis pas de ceux qui ne trouvent aucune peine à égorger une étoile en présence d'un enfant...je ne cueille pas les étoiles...elles sont si belles, si intenses, si étincelantes et tellement infinies là où elles se trouvent...je préfère les contempler, les aimer et les  faire vivre à travers les yeux de cet enfant qui m'habite; cet enfant qui garde ses yeux rivés sur son cerf-volant flottant dans le ciel, par tous les temps...je porte la vie comme on lit un parchemin damné...

 Je joue du vent pour repousser les mouches têtues et leur ronronnement jazzy-jazzant; et avec mon poème "blédigo"*, je viens contrer cette musique acérée...je m'enfièvre du peu de bonheur qui m'aide à tenir debout...j'enfile ma vie de retenues comme un bohème traverse une vile ville avec sa roulotte en carton bouilli sans s'arrêter...comme si chaque jour représentait une de ces perles destinées à arborer mon collier de cœur dans ce voyage à la destinée incertaine...je tente de recoudre tant bien que mal le ciel de mon enfer...
...pour cela, j'enivre ma vie de rêves...
[...]
"L'homme qui sait rire de lui-même n'a rien à envier à celui qui ne le fait pas...la différence me paraît aussi absurde que logique"...(E.A, Entrelacs) 



Bonne visite et bonne lecture!
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 © Tous droits réservés,extraits de Dérives testamentaires, in Entrelacs/ E.A/réalisation, ruedesrumeurs, C.L.M & E.A/novembre 2015.

 

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